Après la honte de prendre l’avion, la honte du tourisme ?

Dans un blogue ouvertement écologiste auquel je suis abonné, je lis cette réflexion terrible : « Il n’y a pas de tourisme vert. Tout le tourisme est mauvais pour l’environnement, qu’il soit physique ou humain ».

Ce fut un choc, un scandale, un outrage vis-à-vis de tous ceux qui travaillent dans le tourisme. Et puis, après l’i-onde de choc, vient la réflexion. Et il faut bien admettre qu’elle est correcte. Je dis bien correcte, et non juste, la nuance est importante.

Oui, c’est vrai, toute forme de tourisme est polluante pour l’environnement, y compris le randonneur solitaire qui foule aux pieds le sol où tentent de survivre des plantes et de très petits animaux. En fait, la plus grande et quasi la seule pollution, c’est de naître ! Chaque naissance crée un pollueur, dès sa première défécation. Seule l’extinction de l’espèce résoudra ( ? ) le problème.

Comme dans toute analyse, il est facile d’envoyer une phrase de façon péremptoire à la tête des autres sans parler de tout ce que ce type d’avis comporte implicitement. On parle ici de ce qui est peut-être la première industrie au monde, et donc de dizaines de millions d’emplois. Remarquez que l’avis ci-dessus parle de tourisme et non de voyage ! La nuance est importante, le voyageur a ses raisons qui relèvent de l’économique, du social, de la santé. Le touriste, lui, ne véhicule qu’une image de plaisir personnel, de surplus, de luxe, d’inutilité.

Sauf que le touriste fait vivre lui aussi des millions de personnes au profit desquelles il dépense son argent. Le droit de se déplacer est inaliénable, et on ne nous fera pas culpabiliser ! Se déplacer, c’est aller à la rencontre des autres peuples de la terre, des autres façons de vivre, des autres cultures. Cela n’a pas commencé avec Marco Polo, ni avec Oëtzi, l’homme des glaces trouvé dans les Alpes. Cela a commencé avec le peuplement du monde, même si la motivation principale de l’époque était celle de trouver de la nourriture. Mais cela nécessitait aussi des échanges, le développement des langages ; toute l’histoire de l’humanité découle des voyages.

Ce n’est pas le transport qui est pointé du doigt : il faut bien que tous nos biens de consommation arrivent chez nous ! Alors pourquoi cet acharnement sur le tourisme ? Parce qu’on le présente comme une activité non essentielle, et donc réservée à ceux qui peuvent se l’offrir. Une activité de classe, en somme. C’est évidemment oublier -je me répète- que l’argent dépensé par le touriste profite à celui qui le reçoit, et qui souvent en vit.

Reste la question essentielle : commet concilier tourisme et respect de l’environnement ? La première réponse à cette question, c’est déjà d’en parler et d’y réfléchir. C’est donc, comme pour tous les problèmes humains, une question d’éducation, bien plus que de slogans aux relents trotskistes-léninistes.

Marc Dans

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