Black Friday, attention danger!

© Getty Images/iStockphoto

C’est aujourd’hui Black Friday, un jour en réalité dangereux à terme pour les marques et qui est surtout la preuve que le web impose son agenda des soldes au commerce physique.

Difficile de trouver quelqu’un en Belgique qui ne soit pas au courant que ce vendredi est un vendredi spécial : c’est le Black Friday, un jour exceptionnel de soldes. Auparavant, cette mode venue des Etats-Unis laissait de marbre les Européens. Aujourd’hui, elle est entrée dans les moeurs, tout comme Halloween.

Un récent sondage du syndicat des indépendants (SNI) montre que 6 commerçants belges sur 10 ne participeront pas à cette grande braderie des prix. Normal, leur marge est déjà très étroite et à force de multiplier les périodes de rabais, celle-ci se trouve réduite à peau de chagrin. En revanche, de leur côté, 50% des Belges disent qu’ils veulent profiter de l’aubaine de ce Black Friday.

Alors pourquoi ce divorce ? C’est simple, les consommateurs (on l’a encore vu avec le mouvement des gilets jaunes) vivent avec un budget restreint, donc la perspective de bénéficier de prix avantageux est un aimant puissant. Et si ces rabais servent à préparer les cadeaux de fin d’année, c’est un attrait supplémentaire pour les consommateurs. Pour les marques, surtout les grandes enseignes, c’est une manière de donner envie d’acheter à une période cruciale de l’année.

 

Mais cette mode du Black Friday ne sera pas sans conséquences… D’abord, comme l’indiquent mes confrères du journal économique français Les Echos, elle finit par détruire, dans l’esprit du public, la notion de réalité et donc la vérité des prix. Il est de plus en plus difficile de croire que la qualité d’un produit est en rapport avec son prix. Cette dérive est, en soi, un danger pour les marques établies, et elles le savent. Et puis, l’autre conclusion qui s’impose avec cette nouvelle mode du Black Friday, c’est qu’ils le veulent ou pas, les commerçants physiques n’ont plus rien à dire sur la période des soldes, ce sont désormais les GAFA qui dictent l’agenda des promotions et autres rabais !

Le pire, c’est qu’avec toutes ces périodes de rabais (Halloween, journée des célibataires, journée du web shop, Black Friday et j’en passe), le scepticisme sur la réalité des bonnes affaires va s’installer dans l’esprit du public, selon Les Echos.

« Avec le Black Friday, les commerçants physiques n’ont plus rien à dire sur la période des soldes, ce sont les GAFA qui dictent l’agenda des promotions et autres rabais ! »

Au fond, il reste surtout à espérer que ces mouvements vont rappeler aux citoyens qu’un grand nombre d’achats ne servent à rien, si ce n’est à assouvir un besoin compulsif pour ne pas dire maladif. Malheureusement, les sondages montrent que la consommation est encore fortement associée à la notion de plaisir.

En attendant ce changement de mentalité, il y a un mouvement contre la surconsommation qui se met déjà en place, et ce rejet du consumérisme débridé s’appelle Green Friday. Reste à voir si le green l’emportera sur le black !

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