Croisières: tout est à revoir

Profitant de l’arrêt forcés de leurs navires, tous les armateurs, mais aussi les chantiers navals, réfléchissent aux mesures qu’ils pourraient prendre pour les sécuriser davantage encore du point de vue sanitaire. Les procédures en matière de nettoyage et de désinfection sont déjà parmi les plus strictes du secteur du tourisme. Mais le Covid-19, avec sa vitesse de propagation exceptionnelle, impose de renforcer encore ces mesures.

A des degrés divers, une bonne vingtaine de navires a été touchée par la pandémie, nous apprend Mer & Marine, et les différentes situations subies ont permis de récolter de précieux enseignements, tant pour les passagers que pour le personnel.

Vers quoi pourrait-on se diriger ?

Ainsi, tous les passagers devront sans doute remplir un formulaire de santé et ceux âgés de plus de 70 ans devront, en plus, fournir un certificat d’aptitude médicale établi par leur médecin. De nouveaux systèmes automatiques de prise de température seront installés aux portes d’embarquement.

Le secteur devrait (enfin !) s’inspirer de l’aérien pour ce qui est des enregistrements : ils seront réalisés en amont et en ligne, avec en plus une heure précise d’arrivée, afin de fluidifier les embarquements, éviter les files d’attente et réduire le nombre de personnes simultanément présentes dans les terminaux, dont la fréquence de nettoyage sera renforcée.

Nettoyages dix fois par jour

Des produits désinfectants complémentaires seront employés dans les cabines. Les espaces publics seront nettoyés et désinfectés jusqu’à dix fois par jour selon les locaux —toutes les deux heures pour les ascenseurs — avec une attention particulière pour les rambardes, poignées de portes, etc. La désinfection des équipements, lunettes 3D, jeux vidéo et autres micros de karaoké, sera renforcée de même que celle des jouets et espaces dédiés aux enfants et des machines et équipements de fitness.

Disparition du self-service

Les restaurants seront nettoyés trois fois par jour et, grande nouveauté : les self-service devraient disparaître, le personnel se chargeant de servir les passagers. Les cuisiniers s’interdiront évidemment le recours à des produits provenant de régions fortement touchées par la maladie.

Un modèle économique à revoir ?

Tous les espaces seront réaménagés afin de laisser plus d’espace entre les passagers. Ce sera le cas des salles de spectacle, dont la capacité sera réduite de moitié, mais aussi des restaurants et même des autocars lors des transferts et des excursions. La gestion de l’espace posera sans doute d’inextricables problèmes aux armateurs : faudra-t-il multiplier les services à table — et en raccourcir la durée…—, le nombre de représentations et doubler celui des autocars ? Ou n’embarquer que la moitié des passagers ? Dans tous les cas de figure, le modèle économique va devoir être revu. Or, dans un premier temps en tous cas, la clientèle ne sera pas nécessairement au rendez-vous.

Rien ne se fera en un jour…

Les chantiers navals seront aussi impliqués, par exemple dans la nécessité de repenser les systèmes de ventilation car seul de l’air frais sera désormais distribué à bord, tant pour les passagers que pour l’équipage : on sait en effet que la circulation de l’air conditionné entre les cabines favorise la propagation de particules indésirables… — qu’on se souvienne, par exemple, de la légionellose. Et il est certain que tous les nouveaux aménagements requis ne pourront pas se faire en un jour.

Si malgré toutes ces précautions des cas de contamination devaient apparaître, des espaces isolés situés près du centre médical de chaque navire seront spécialement aménagés pour pouvoir au besoin servir de zone de quarantaine.

Des formations spécifiques

Quant à l’équipage, qui disposera de sa propre zone de quarantaine, chaque marin verra sa température contrôlée deux fois par jour, tandis qu’on réduira les mouvements de personnel. Tous les membres d’équipage recevront des formations spécifiques sur les procédures sanitaires à mettre en œuvre et les gestes barrière et disposeront d’équipements de protection individuelle comme des gants et des masques.

On le voit, le navire de croisière de l’après-Covid-19 est en train de voir le jour, aucune compagnie ne pouvant se permettre de prendre les choses à la légère.

[Avec Mer et Marine]



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