Découverte-Destination (21): Norfolk Island

C’est une fois de plus le Cap’tain Cook qui découvrit ces falaises chapeautées de beaux arbres tropicaux, en 1772. Il lui donna le nom de la duchesse de Norfolk. Comme ce n’est pas la première fois que nous trouvons Cook comme découvreur d’îles du Pacifique, on peut se poser la question de savoir pourquoi cet entêtement à parcourir cet immense océan.

Certains historiens avancent une théorie intéressante. L’Angleterre avait une énorme consommation de fibres de lin et de troncs d’arbres, pour tisser les voiles et les cordages, et ériger les mats de sa Marine Royale, et s’assurer d’une domination incontestée sur toutes les mers du monde. Or ces ressources commençaient terriblement à manquer, il fallait absolument trouver de nouveaux endroits à exploiter. Et justement, sur l’île de Norfolk poussait une plante qui ressemblait fort au lin. Voilà qui est plausible…

Aujourd’hui, l’île est sous administration australienne, elle est située à égale distance de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle Calédonie (750 km). Sydney est un peu plus loin. Elle comporte surtout un parc naturel, seul vestige de la forêt tropicale, détruite évidemment par l’homme et les animaux qu’il y importa. Quasi tous les habitants se concentrent dans la ville de Kingston : 2500 habitants seulement, qui vivent heureux sous un climat très doux.

Par deux fois au cours de son histoire, Norfolk fut une colonie pénitentiaire de l’Australie ; les conditions de détention y étaient très dures à cause de l’extrême éloignement de ce bagne d’où il était totalement impossible de s’échapper, et d’une gestion sans pitié des gouverneurs. Une aubaine pour la ville de Sydney qui pouvait de la sorte se débarrasser de ses troublions de tous genres. On raconte que les prisonniers qui étaient condamnés à mort sautaient de joie, tandis que les graciés pleuraient de désespoir…

Depuis 1979, Norfolk possédait un statut d’autonomie, ce qui la privait à la fois d’une représentation au Parlement australien, et des subventions indispensables à sa survie. Aussi en 2008, elle recouvrit un statut de région rattachée à la Nouvelle Galle du Sud, en échange d’un effacement de sa dette commerciale et socio-économique. Et aujourd’hui que tout va mieux, l’île est à nouveau favorable à son autodétermination, ce qui lui permettrait, par exemple, d’avoir ses propres fédérations sportives, séparées des fédérations australiennes.

Les Norfolkais de souche (descendants des habitants de Pitcairn) ne représentent qu’un tiers de la population de l’île, les autres habitants étant citoyens australiens, néo-zélandais ou britanniques.

Pour vous y rendre, vous n’avez pas le choix : c’’est exclusivement en avion, et vous atterrirez à l’aéroport international (!) de Norfolk. Si vous louez une voiture, n’oubliez pas qu’on y roule à gauche ! L’île est pourvue de plusieurs petits hôtels sympathiques, du style lodge que l’on trouve dans toutes les anciennes possessions britanniques.

L’excursion à faire, c’est vers le mont qui domine Norfolk, entouré du parc naturel ; vous pourrez aussi vous promener dans le curieux cimetière, et surtout vous imprégner de l’atmosphère qui est restée typiquement coloniale : un voyage dans le temps, en quelque sorte.

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