Denis Pappi (Misterfly BeLux) : “La hausse du prix des billets freine la croissance”

Misterfly BeLux, positionné uniquement sur le BtoB, travaille avec tous les réseaux d’agences de voyages, à l’exception de TUI, totalisant aujourd’hui 650 licences actives sur sa plateforme. Denis Pappi, son Country Manager Belgique et Luxembourg, nous a accordé une interview, l’occasion de faire le point sur l’activité du broker, les prix de l’aérien, le package dynamique, le calculateur de CO2, l’assurance Flex….

Comment se porte Misterfly BeLux ?
Denis Pappi : Nous avons démarré très fort l’année 2023, avec des résultats bien supérieurs à ceux de 2022. Nous enregistrons même une croissance à deux chiffres par rapport à 2019, première année complète de misterfly.be avec finalisés tous les contrats réseaux. Cette année, nous avons ainsi retrouvé la même dynamique que celle des premières semaines de 2020, quand l’activité n’était pas encore impactée par la crise sanitaire. Nous constatons toutefois un ralentissement depuis la mi-mars, que ressentent la plupart des acteurs du secteur, lié aussi au fait que nous avons très bien démarré l’année.

Pourquoi ce ralentissement depuis le mois dernier ?
D.P : Nous sommes passés à une autre étape. Les consommateurs ont certes été plutôt rassurés par les prix de l’énergie. Mais les hausses des prix des billets d’avion sont en revanche clairement un frein, cela joue sur le budget des voyageurs, surtout quand il s’agit d’une famille de quatre personnes qui voyage.

Les avions sont en effet bien remplis. Et il manque de la capacité aérienne. Les hausses ont ainsi atteint jusqu’à 30% sur un vol long-courrier, entre 2019 et aujourd’hui. Mais ces augmentations varient selon les distances et les destinations. Si l’on disposait aujourd’hui des mêmes prix que ceux d’avant le corona, nous connaîtrions aujourd’hui une croissance beaucoup plus importante.  Ces hausses n’empêchent toutefois pas les long-courriers de bien fonctionner. Nous avons plusieurs destinations lointaines dans notre top 10 des ventes.

Quid de l’impact des changements concernant les derniers congés de détente (carnaval) ?
DP : Il est encore un peu tôt pour en avoir une vision claire. Les deux semaines de vacances des francophones ont poussé les ventes. Mais il faut en relativiser les effets. La partie néerlandophone représente en effet 70% de notre activité.

Et les vacances de printemps ?
D.P : Celles des francophones arrivent très tard, trop pour vendre les sports d’hiver. Nous sommes par ailleurs très proches des examens scolaires. Il faut enfin reconnaître que prendre deux semaines de vacances la première quinzaine de mai n’est pas encore dans les habitudes des consommateurs. Nous sommes dans une période de transition, nous manquons de recul.

Pour les prochaines vacances d’été, constatez-vous un reflux du phénomène des ventes de dernière minute ?
D.P : Les médias en parlent parfois. Et l’année 2023 pourrait marquer une vraie rupture. Les consommateurs sont toujours plus nombreux, en effet, à intégrer le fait que des voyages réservés longtemps à l’avance sont moins chers, que plus l’on se rapproche de la date de départ et plus les prix augmentent, avec un choix de destinations et de produits qui se restreint.

Avant la crise, les gens étaient nombreux à réserver dès janvier février pour juillet et août. On y revient doucement, avec des réservations parfois plus précoces encore, en novembre ou décembre. Ce phénomène est bon pour la trésorerie des agences.

Vous avez lancé le package dynamique en mode test juste avant la pandémie, que vous avez relancé en septembre dernier en France puis en Belgique…
D.P : Nous sommes satisfaits des résultats. C’est un produit de plus en plus compris des agences de voyages. Mais il faut remettre régulièrement l’ouvrage sur le métier, réexpliquer son intérêt et ses caractéristiques. Notre plateforme donne accès à la totalité des inventaires aérien et hôtelier. Mais nous ne créons pas le package. C’est aux agences de faire des choix judicieux, elles ne doivent pas se contenter d’opter pour un hôtel sur la base d’un prix, sans s’assurer de la qualité du produit. Il faut avoir un minimum d’expertise pour cela, et bien appréhender le besoin du client. Nous avons néanmoins un rôle important à jouer, en termes de communication et de marketing. Et nous concevons, depuis janvier dernier, des idées de package, des suggestions et recommandations à titre indicatif et facultatif.

Mettez-vous en place des partenariats avec des hôteliers ?
D.P : Oui en effet. Nous avons ainsi réactivé un partenariat avec la chaîne hôtelière Grecotel noué en 2020. Nous activons avec eux une série d’actions de communication, et  avons créé une connectivité directe dans leur inventaire. Nous mettons en place un push permettant aux agences belges et luxembourgeoises d’avoir accès à leurs tarifs chargés dans la plateforme.

Chez Misterfly Belux, quelle est la part des prestations terrestres ?
D.P : Nous avons toujours eu une activité assez équilibrée, environ 55% sur l’aérien et 45% sur les prestations terrestres, avec la location de voitures et les transferts, et surtout l’hébergement, soit les hôtels de toutes catégories, villas, appartements, campings, airbnb, en prestation sèche comme en package dynamique.

A quelle typologie de produits correspond notamment le package dynamique ?
D.P : Le  city-break compte pour 75% aujourd’hui, suivi loin derrière par le balnéaire classique. Le citytrip est assez facilement réservable en direct et échappe bien souvent aux agences de voyages. Or, le package dynamique valorise ses atouts, protège via la garantie TO. C’est un argument appréciable dans une période de grande incertitude. Encore faut-il le faire savoir. C’est l’un de nos axes de communication important.

En septembre dernier a également été mis en place un calculateur de CO2 pour l’aérien, lequel prend en compte le type d’avion et l’historique de remplissage de la ligne aérienne. Mais l’affichage se fait par vol, ce qui rend les comparaisons un peu compliquées…
D.P : En effet, c’est à l’agence de voyages de faire ce travail de comparaison des rejets de CO2 des différents vols sur tel ou tel axe. Mais nous avons ouvert le chantier d’un affichage qui va faciliter cette comparaison. Les agences ont déjà recours à l’outil notamment sur le corpo, les entreprises étant clairement demandeuses de ces informations.

Il est important que les agences puissent s’inscrire dans des démarches de décarbonation. Et je suis convaincu qu’elles seront de plus en plus nombreuses à utiliser notre outil.

D’autres nouveautés chez Misterfly BeLux ?
D.P : Nous allons mettre en ligne dans les prochains jours le sitemap permettant aux clients de pouvoir réserver leur siège à bord des avions, lorsque le billet a été acheté sur  notre site. Nous allons commencer avec une sélection de compagnies dans un premier temps, une phase de test avant de faire évoluer le produit et de l’étendre à de nombreux autres transporteurs aériens.

Nous misons aussi beaucoup sur Flex, une assurance sur les vols, lancée au premier trimestre. Elle permet en effet à l’agence de voyages et son client de pouvoir annuler son vol et de demander un remboursement, sans aucun motif ni justificatif à fournir, même s’il s’agit d’un billet non annulable. Je rappellerais qu’il existe quatre modèles : le remboursement de 50% du prix du billet (Flex50) ou son intégralité (Flex100), et ce au choix jusqu’à 8 jours du départ ou jusqu’à la veille du départ.

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