La clairière où a grandi la maison entourée des étables, appentis et autres bâtiments sans oublier les têtes de bétail qui partagent la vie de la ferme.

Rencontre étonnante avec un couple d’expatriés belges qui a développé au cœur de la Gaspésie un mode de vie proche de l’autosuffisance tout en restant connectés avec le monde qu’ils accueillent dans un gîte agro-touristique ou dans une micro-maison perdue dans la forêt, de quoi tenter l’expérience d’une vie saine au cœur d’un milieu naturel exceptionnel.

Le besoin d’enracinement au cœur de la nature

Quand on fait le tour du propriétaire, on comprend vite qu’ils ont réalisé leur rêve ici. Dès leur arrivée au Québec, ils ont d’abord pris leurs quartiers dans la vallée de la Matapédia en attendant de dénicher une terre à vendre. Polyvalent, Gérard trouve rapidement du travail  comme ouvrier agricole et ensuite au groupement forestier local mais il choisit d’utiliser aussi son expertise de la forêt en créant avec Catherine une petite entreprise, Gaspésie Sauvage, spécialisée dans la cueillette de produits forestiers tels que les champignons, les baies ou les plantes sauvages. Gérard n’hésite pas à passer quelques jours à Montréal, à un millier de km de là, pour remettre des échantillons aux épiceries fines et aux restaurateurs.  Le bouche-à-oreille a fait le reste.

La forêt toute proche est riche de plantes et autres champignons soigneusement récoltés quand vient la saison.

Le même qui lui permet de découvrir quelque 35 ha de forêts non loin de Gaspé. Ils s’engagent, choisissent l’emplacement de la future maison, tracent une piste et tirent l’électricité jusqu’à la future clairière. Le bois coupé sert à construire la maison dessinée par Catherine, dont le goût très sûr n’est pas étranger à sa formation de graphiste. En mars 2010, après 3 ans de travaux, ils s’y installent et développent dans un atelier étincelant de propreté inoxydable leur fabrication de produits séchés mais aussi de produits frais envoyés chaque semaine aux meilleurs chefs de Québec, Montréal et même Toronto. « Attention, précise Gérard, nous ne travaillons que de façon artisanale en utilisant ce que donne la forêt sans pour autant l’exploiter ». Une nuance importante et un marché finalement assez restreint mais très intéressé par la qualité des produits finis proposés. Gaspésie Sauvage se retrouve dans les rayons des épiceries fines et dans les magasins d’alimentation biologique.

La vie en autarcie, c’est possible

Rien ne se perd : les lapins broutent l’herbe, l’eau de pluie est récoltée, le mur ensoleillé est couvert de plantes et tout respire la luxuriance

L’entreprise permet de faire face aux factures inévitables car pour le reste, la famille Mathar peut se targuer de vivre presque en autarcie, avec en tout cas une autonomie alimentaire qui laisse rêveur. L’étable abrite plusieurs animaux qui vont ravitailler les congélateurs en prévision de l’hiver : volaille, cochons dodus, nichées de lapins, pigeonneaux, veaux viandeux, etc…Gérard a également construit un four à pains et une fromagerie avec sa salle d’affinage. Catherine s’en donne à cœur joie dans un potager où légumes, fleurs et herbes aromatiques poussent en pagaille.

Elle a installé deux serres de productions maraîchères qu’elle alimente avec les graines qu’elle sèche elle-même. Quand vient le temps de la récolte, tout est conditionné dans des pots « masson » qui sont nos wecks version québécoise. La visite des caves où se cache la réserve est impressionnante : bocaux de confiture, marinades, multiples conserves, limonades faites maisons, jus de baies, saucissons séchés, terrines, etc. De quoi tenir durant de nombreux mois !

La Comptonie voyageuse, un gîte aux accents wallons !

Plongée sur les serres et le potager cernés par la forêt

Le gîte qu’ils envisageaient en Belgique, ils l’ont construit et aménagé eux-mêmes ici, la Comptonie Voyageuse, du nom d’une plante indigène dont le goût évoque la banane. Installé au-dessus de l’atelier, il a déjà séduit de nombreux voyageurs, d’abord pour le confort inattendu qu’il offre dans un décor boisé exceptionnel. Tout y est chaleur et générosité, à l’image des propriétaires. Catherine y a peint au pochoir des dictons wallons qui décorent les murs en bois brut, elle a semé aussi des dessins de champignons et des sculptures en bois. Tout a été pensé pour que l’on s’y sente bien, comme dans un cocon. La dernière-née, c’est la micro-maison au milieu de la forêt, hors réseau, ni électricité ni internet mais éclairage LED solaire et sur batterie, douche solaire et cuisinière au propane.

La terrasse bien conviviale surélevée par rapport au potager et toute proche du four à pains

Ensuite, il y a pour ceux qui le souhaitent le partage de moments rares avec cette famille toujours occupée par le travail de la ferme mais qui n’hésite jamais à prendre le temps de bavarder et d’échanger sur leur choix de vie qui ne leur offre sans doute guère de répit mais qui nourrit leur âme autant que leur corps et illumine leur visage.

Par ailleurs les trois garçons ont grandi, ce sont des jeunes gens qui ont suivi des études et qui doivent faire leurs propres choix de mode de vie. Gérard et Catherine qui ont élevé leurs fils en pleine nature pour leur ouvrir les yeux sur l’essentiel ont alors imaginé ce plan ambitieux de bâtir de leurs mains une maison pour que chacun reste proche de la famille et de la forêt. Autant de questions et sans doute de réponses dans ce documentaire dont voici la bande-annonce : https://vimeo.com/688041821

Infos : www.quebecmaritime.ca qui comprend les 4 régions touristiques de l’Est du Québec : le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord et les îles de la Madeleine.

La Comptonie Voyageuse, http://lacomptonievoyageuse.com où vous trouverez toutes les infos sur le gîte et pour en apprendre davantage encore sur Gérard et Catherine www.gaspesiesauvage.com.

 

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