Donald Trump peut-il, comme il l’a promis, détruire l’économie turque?

Donald Trump peut-il détruire l’économie turque comme il l’a annoncé après l’attaque des Turcs en Syrie contre les Kurdes ? c’est à cette question que répond aujourd’hui notre chroniqueur économique.

Nos compatriotes sont très nombreux à se rendre en Turquie en vacances et il y a d’ailleurs pas mal de Belges, surtout en Région flamande, qui ont acheté un bien immobilier en Turquie. Et leur interrogation actuelle est : faut-il avoir peur de la dernière déclaration de Donald Trump ? Trump qui, comme vous le savez, a annoncé via un tweet, qu’il était « prêt à détruire rapidement l’économie turque si les dirigeants turcs continuent sur cette voie dangereuse et destructrice ».

Cette menace vise la décision du président turc de lancer une offensive en Syrie contre une milice kurde après l’annonce du retrait des militaires américains stationnés dans la région. Et c’est vrai que Trump est passé directement à l’action : il a publié un décret pour geler les avoirs financiers aux États-Unis de certains ministres turcs, il a bloqué leurs transactions internationales en dollars, il a augmenté les droits de douane sur l’acier turc de 25% à 50% et finalement il annonce aussi qu’il bloque les discussions sur un accord commercial, qui porte sur 100 milliards de dollars, entre la Turquie et les États-Unis. Bref, c’est du lourd !

La question posée par mes confrères du Figaro est simple : est-ce que cela va déstabiliser la Turquie ?

Oui, bien entendu. La Turquie reste fragile sur le plan économique et un simple tweet de Donald Trump peut la replonger en récession. Surtout que la livre turque a de nouveau plongé, et si la devise reste trop faible, c’est mauvais car elle provoque une hausse des prix des produits importés. Ce qui veut dire que l’inflation augmente trop vite, et ce qui veut dire aussi que le pouvoir d’achat des citoyens turcs s’évapore…
Et pour lutter contre cette inflation, la banque centrale turque n’a pas d’autre choix que d’augmenter encore plus ses taux d’intérêt, et si c’est le cas, les entreprises turques locales seront étranglées car le coût du crédit devient exorbitant. C’est donc une sorte de cercle vicieux très dangereux pour la Turquie.
Maintenant, soyons lucides, est-ce que Donald Trump ira jusqu’à étrangler son partenaire turc ?
La réponse du Figaro est « non », car Trump est cynique, il sait que la Turquie est membre de l’OTAN et que c’est un partenaire stratégique au Moyen-Orient. Alors que Trump aime ou pas Erdogan, il sait aussi que la Turquie est un élément stabilisateur au Moyen-Orient.
Le problème relevé par mes confrères du Figaro, c’est que le président turc le sait aussi, et c’est la raison pour laquelle, il n’a pas hésité à prendre un risque en Syrie malgré les menaces économiques du locataire de la Maison Blanche. Aujourd’hui, et c’est cela le comble de l’ironie, c’est Bachar al-Assad, le président syrien qui vient au secours des Kurdes pendant que l’Europe fustige de son balcon mais n’agit pas… Bref, rien ne change !

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