En 2019, être en Bourse et bien dormir risque d’être incompatible

© iStockPhoto

Vendredi dernier, c’était aussi Black Friday pour la Bourse : la plupart des actions sont en solde y compris des valeurs technologiques qu’on s’arrachait pendant des années et qui aujourd’hui brûlent les mains des investisseurs.

Je vous parlais vendredi dernier du Black Friday. J’ai oublié de vous dire que les soldes étaient aussi en Bourse. Presque toutes les actions sont en solde depuis plusieurs semaines: les pays émergents ont perdu 30% – l’action Renault 40% – le pétrole 30% – le Bitcoin 75% et chose assez étonnante, même les GAFA – les fameuses valeurs technologiques ont piqué du nez – des actions comme Apple, Facebook ou Netflix ont perdu entre 20 et 40% en quelques semaines.

C’est intrigant et inquiétant, car les valeurs GAFA pèsent à elles seules 2.500 Mds $, soit plus que toutes les valeurs cotées sur la Bourse de Paris ou de Francfort ! Autrement dit, quand ces valeurs vont mal, elles entraînent les indices boursiers dans le rouge, pour la simple raison que tous les gestionnaires et les particuliers ont ces actions en portefeuille. Et quand ils vendent pour prendre leurs bénéfices, tout le monde vend en même temps, et donc la baisse est encore plus accentuée.

 Pourquoi ce désamour pour ces valeurs technologiques ? Il y a d’abord des raisons particulières. Pour Apple, par exemple, c’est le ralentissement du marché des smartphones et la décision prise par la direction d’Apple de ne plus dévoiler les chiffres de ventes de ses iPhone en 2019. Pour Facebook, c’est la diminution du nombre d’usagers en Europe et la stagnation aux États-Unis. Pour Amazon, c’est le ralentissement des ventes en ligne y compris pour son service Amazon Prime.
Mais il y a aussi des raisons plus générales : les taux d’intérêt sont en train de grimper aux États-Unis et c’est en soi une mauvaise nouvelle pour le marché des actions. Pourquoi ?
Mais parce qu’entre 2006 et 2016, les taux d’intérêt n’ont fait que baisser pour atteindre un plancher de 0%. Si vous vouliez chercher du rendement, la Bourse était la seule alternative, et la plupart des gérants de fonds ont été chercher ces rendements auprès des GAFA, car ce sont ou c’étaient des valeurs à forte croissance.

 

Ce choix a été un choix gagnant jusqu’à il y a quelques semaines, car les gestionnaires de fonds se sont rendu compte qu’avec des taux d’intérêt de 2 ou 3% aujourd’hui aux États-Unis, ces actions ne sont plus la seule alternative, ils peuvent aussi acheter des obligations avec un bon rendement.

Il y a aussi la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui n’a pas l’air de se régler à l’amiable. Or l’Asie, c’est un relais de croissance important pour les GAFA, si demain Trump interdit d’exporter des technologies comme la reconnaissance vocale ou des technologies liées aux voitures autonomes, ce sera un coup dur pour les GAFA.

Quant à la question de savoir si ce massacre en Bourse va perdurer, la plupart des spécialistes bottent en touche. La seule certitude, c’est qu’en 2019, être en Bourse et bien dormir risque d’être incompatible.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici