Le Covid-19 rappelle aux humains leur mortalité et à la Bourse sa vulnérabilité

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Le coronavirus reste hélas encore le premier sujet de conversation… J’ai remarqué que plusieurs articles ont été consacrés à la manière dont les entreprises belges gèrent le retour de vacances des employés, partis dans des régions exposées au coronavirus.

La plupart du temps, les entreprises, interrogées par les médias, déclarent qu’elles obligent leurs travailleurs, partis en congé dans le nord de l’Italie, au télétravail, souvent pour une période de 14 jours. C’est bien, c’est une bonne gestion et une preuve que nos entreprises prennent au sérieux la santé de leurs employés.

Sauf que certaines entreprises demandent aussi à leurs employés de prendre des congés forcés pendant les 14 jours en question… Et cela, c’est moins malin pour la simple raison qu’il y a un risque que l’employé ne déclare pas son séjour en Italie, ou dans une autre zone à risque, pour ne pas perdre ses précieux jours de congé.

Bien entendu, la direction des ressources humaines pourra toujours vérifier, sur le compte Facebook de l’employé, s’il n’a pas été en Italie par exemple, mais la démarche d’imposer de prendre des jours de congé suscite quelques grincements de dents et risque de s’avérer contre-productive.

Pendant que les entreprises, c’est-à-dire l’économie réelle, prennent soin de leurs employés, ou essaient de le faire, les investisseurs boursiers qui se croyaient invulnérables découvrent qu’ils en sont pour leurs frais.

Les places boursières ont fait un bond en arrière de 6 mois en 6 séances à peine !

La destruction de valeur enregistrée par les Bourses en l’espace d’une semaine est évaluée à 8.000 milliards de dollars dont 4.300 milliards rien que pour la Bourse de New York. La raison de ce grand nettoyage d’avant printemps ?

Wall Street a enfin compris qu’elle vivait dans un paradis artificiel et que l’usine du monde ne pouvait pas être mise au chômage sans impacter le reste de la planète. En fait, il y a vraiment un parallèle à faire entre la Bourse et l’être humain : tant qu’une épidémie, ou un drame, affectait une autre région de la planète, il y avait un peu de compassion et puis, hop, la vie reprenait le dessus et on vaquait à ses occupations habituelles.

Aujourd’hui, l’épidémie est à nos portes et peut théoriquement nous tuer. Donc oui, ce n’est plus pareil, nous sommes aux premières loges et donc aux aguets, à l’affut de tout ce qui pourrait nous nuire, quitte éventuellement à nous faire de mauvais films.

En Bourse, c’est pareil, les investisseurs ont cru qu’ils étaient invulnérables car les banques centrales pouvaient en cas de risque diminuer les taux d’intérêt et hop, la Bourse repartait de l’avant. Mais maintenant, les investisseurs ont enfin compris qu’une baisse des taux d’intérêt n’était pas un vaccin, sinon cela se saurait…

Pire encore, en Chine, 20% des entreprises sont menacées de faillite et le gouvernement chinois a déjà indiqué qu’il donnerait toutes les liquidités nécessaires à ces entreprises pour qu’elles ne coulent pas. Aujourd’hui, aux Etats-Unis et en Europe, vous avez des investisseurs – tous très libéraux en principe – qui espèrent et demandent les mêmes mesures ; autrement dit, des tenants de l’ultra-libéralisme demandent que l’on applique les recettes d’un régime dictatorial communiste.

Cela me fait penser à ces personnes qui ne sont pas croyantes mais qui lorsque l’avion, dans lequel elles ont pris place, est secoué par des vents contraires se mettent à faire des signes de croix. En résumé, le Covid-19 rappelle aux humains leur mortalité et à la Bourse qu’elle n’est pas invulnérable.

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