Le gypaèton de la Haute-Romanche est né !

Une couvaison interrompue lundi 15 février, suivie d’une agitation dans le nid mardi 16: le doute n’est plus permis, le petit du trio de gypaètes de la Haute-Romanche est sorti de l’œuf ! Une naissance précoce pour ce gypaèton qui pourrait prendre son envol autour de la mi-juin.

Une naissance corroborée par plusieurs observations

L’éclosion est donc survenue le 15 ou le 16 février. « Elle est confirmée par le comportement de l’oiseau au nid », explique Marie-Françoise Aubert. Observatrice bénévole passionnée de rapaces, Marie-Françoise était présente dans la vallée depuis plusieurs jours pour guetter le moment fatidique.

Le 18 février, Éric Vannard, technicien de l’environnement au Parc des Écrins, est monté sur le versant opposé pour tenter d’apercevoir le gypaèton. « Je suis parti avec un ami qui a du matériel optique et photographique performant. On est monté jusqu’à être à l’altitude de l’aire  mais on n’a pas pu voir le jeune gypaète. Notre site d’observation était très loin, à plus de 2 kilomètres, et le matériel n’a pas suffit pour voir le petit. Par contre, on a bien vu la femelle en train de le nourrir et les mâles ramener de la nourriture à plusieurs reprises.»

La femelle gypaète au nid des Bans en train de nourrir le petit - © M. Robert  La femelle gypaète au nid des Bans en train de nourrir le petit - © M. Robert

Un trio particulièrement performant !

Les trois gypaètes n’en sont pas à leur premier galop d’essai en matière de reproduction. Présents dans la vallée de la Haute-Romanche depuis au moins 2016, il s’agit de leur quatrième petit, même si celui de l’année dernière n’a pas survécu.

Quand on sait que le taux de réussite de la reproduction des gypaètes dans les Alpes et les Pyrénées se situe entre un tiers et la moitié, on ne peut que saluer la performance de notre trio pour le moment !

Gypaète du trio reproducteur de Haute-Romanche - © M. Robert

Un gypaèton bien précoce…

Gypaète du trio reproducteur de Haute-Romanche - © M. Robert Autre spécificité : cette naissance est en avance de plusieurs semaines par rapport aux moyennes de l’espèce. « La précocité des naissances est assez commune pour les nouvelles installations, explique Éric Vannard. Les gypaètes plus anciens prennent davantage leur temps ! » L’éclosion tombe toutefois à point nommé, le petit bénéficiant d’une météo très clémente pour ses premiers jours.

L’aire du trio est située dans les falaises des Bans en versant nord de la vallée, complètement à l’ombre. « Le gypaèton n’aura jamais vu un rayon de soleil quand il s’envolera !, s’amuse Éric. C’est complètement différent de leur première reproduction réussie où ils avaient construit leur nid plein sud. » Si tout se passe bien, le jeune gypaète devrait prendre son envol entre le 11 et le 22 juin.

Quid de la cohabitation avec les aigles voisins ?

En installant leur aire du côté des Bans, les gypaètes doivent également composer avec leurs nouveaux voisins, un couple d’aigles. « Il n’y a eu aucune agressivité pendant la couvaison, précise Éric. Je les ai même vus voler ensemble un jour. » Changement de comportement observé la semaine dernière : le mâle gypaète s’est montré agressif vis-à-vis du couple d’aigles.

Éric raconte : «  J’ai vu le gypaète et un des deux aigles passer à mon niveau. Ils se sont pris par les serres et se sont laissés tomber devant mes yeux. » L’avenir nous dira si les relations s’apaiseront entre les deux espèces, sachant que le couple d’aigles va lui aussi entamer sa reproduction prochainement…

Pendant toute la durée d’élevage du jeune, les gypaètes restent vulnérables et ont besoin de tranquilité. La réglementation spécifique dans la zone autour de l’aire reste donc en vigueur. Merci à tous de continuer à la respecter !

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