Les skieurs belges francophones ont privilégié les vacances de Carnaval

Quel a été l’impact de la modification du calendrier scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles sur les vacanciers d’hiver ? A l’heure où la saison s’achève dans les stations de ski, c’est ce que nous avons tenté de savoir pour appréhender au mieux les changements de comportement des clients en vue de la prochaine saison.

Il est encore souvent un peu tôt pour disposer de statistiques complètes mais un coup de sonde permet de dégager une grande tendance : les skieurs coutumiers des vacances de Pâques du début d’avril (désormais post-posées d’un mois en mai) se sont reportés majoritairement sur la quinzaine des vacances scolaires du Carnaval (vacances dites de ‘détente’ dorénavant).

« Une étude de G2A sur les tendances de l’hiver 2022-2023 basées sur l’analyse du calendrier scolaire » nous indique Fanny Druez, chargée de promotion loisirs et événements d’Atout France à Bruxelles, « a permis d’interroger un panel de clients belges partant habituellement à la montagne l’hiver sur l’impact de la modification scolaire. Sur les 40 % qui se disaient impactés par la modification du calendrier scolaire, 75 % gardaient le même type de destination (montagne) mais changeaient de période de séjours : 50 % vers les vacances de carnaval, 25 % en janvier hors vacances, 13 % vers Noël et le Nouvel An et 13 % en mars hors vacances. »

Ce changement de comportement a également été observé par TUI, un des TO qui emmène le plus de Belges vers la montagne. « Les vacances de Pâques étaient traditionnellement une période importante pour les vacances de neige » souligne Piet Demeyere, porte-parole NL de TUI. « Vu l’incertitude de la neige à la période de Noël, la majorité des francophones ont opté pour le Carnaval, d’autant que ces vacances s’étalent à présent sur deux semaines. »

Le constat est semblable du côté d’Interhome. « Les séjours se sont davantage répartis sur l’hiver, avec effectivement une concentration sur la période du Carnaval » remarque Thibault Van Look, Commercial Sales Manager pour le Benelux. « L’allongement à deux semaines a incité un certain nombre de clients à réserver pour 9 à 10 nuits, voire la quinzaine complète. »

Cette deuxième semaine a été choisie par de nombreux francophones. « La première semaine de vacances » explique Fanny Druez d’Atout France, « était très plébiscitée car deux zones en France (dont Paris) ainsi que le sud des Pays Bas, les Britanniques en partie, et l’ensemble des Belges étaient en congés. La 2ème semaine, avec moins de clients domestiques et étrangers, semble avoir eu plus de succès pour les Belges. Les francophones privilégieraient toujours la France. Les résultats resteraient en hausse en comparaison avec les deux dernières saisons sur les vacances de février. Globalement, la perte de clients se ferait sur les vacances de Pâques. »

Des changements dans les réservations

Cette saison de ski, avec un enneigement variable et de qualité souvent médiocre (voire quasiment nul comme dans les Vosges) sauf pendant les vacances de…Pâques, a provoqué davantage de réservations de dernière minute chez Interhome.

Télésiège, station Les Orres en hiver. Photo Di Duca.M

Un autre changement d’habitude a également été observé par TUI : malgré une légère baisse globale de clients skieurs, un nombre croissant de clients a opté pour des séjours plus courts, de moins d’une semaine.

Côté néerlandophone, nos différents interlocuteurs n’ont pas remarqué d’évolution pour les vacanciers d’hiver qui ont continué à garder leurs habitudes pendant les vacances de Pâques, aux dates inchangées pour eux.

Par ailleurs, le doublement de la durée des vacances de Carnaval a, pour Interhome, attiré un public francophone nouveau pour des destinations plus au sud, comme les Canaries. Des destinations qui cartonnent pour les nouvelles vacances de mai. « La météo devrait être meilleure que d’habitude pendant la première quinzaine d’avril » indique Pierre Fivet, porte-parole de l’ABTO, l’Association Belge des TO. « Il y a aussi beaucoup plus de destinations qui sont opérationnelles du côté de la Méditerranée, avec également des prix moins élevés. »

TUI constate aussi une nette progression des réservations, y compris pour des séjours plus longues et/ou plus lointaines.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ce changement au mois de mai à l’heure des bilans.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici