Lufthansa : quand les déconvenues volent en escadrille…

Le premier groupe européen de transport aérien, maison mère de Brussels Airlines, se trouvait en position de force avant la crise sanitaire, face à ses deux grands rivaux, le groupe IAG (British Airways, Iberia…) et Air France-KLM. Mais ses positions se sont affaiblies sur le Vieux Continent depuis trois ans.

Le Groupe Lufthansa traverse une sérieuse zone de turbulence. On pourrait même parler de trou d’air pour le groupe aérien, qui rassemble Lufthansa, Brussels Airlines, Austrian Airlines, Swiss, Eurowings… Dernier coup dur en date, son offre de reprise de l’italienne ITA Airways, associée à l’armateur italo-suisse MSC, a été retoquée par le ministère de l’Économie italien, lequel a retenu l’offre concurrente du consortium formé par le fonds d’investissement américain Certares, Air France-KLM et Delta Airlines. LH Group pourrait se rattraper avec la reprise de Tap Air Portugal. Mais elle va là encore trouver sur sa route Air France-KLM et le groupe IAG.

Lufthansa a notamment mal anticipé la reprise. Après avoir supprimé plus de 30 000 emplois depuis 2020, la compagnie allemande a peiné à recruter, alors que l’activité redémarrait très fort. Elle a ainsi du annuler plus de 3 000 de ses vols cet été. Le climat social s’est dans le même temps dégradé, qui s’est traduit par des mouvements de grève, avec ses personnels au sol fin juillet, puis avec ses pilotes il y a encore quelques jours. Un conflit qui l’a amené à suspendre la totalité de ses vols sur ses hubs de Francfort et Munich début septembre. Pour ne rien arranger, certaines de ses filiales ont connu elles aussi des mouvements sociaux, à commencer par Brussels Airlines.

La direction a ainsi du lacher du lest : les pilotes de Lufthansa ont obtenu une augmentation de près de 1 000 euros par mois, satisfaits des négociations au point d’annoncer qu’ils renonçaient à la grève jusqu’en 2023.

Le groupe Lufthansa, malgré ces coups durs, a retrouvé quelques marges de manoeuvre sur le plan financier. L’Etat allemand, pendant la crise, lui a accordé une aide de 9 milliards d’euros, en échange notamment d’une entrée dans son capital (20% au départ). Le transporteur a pu rembourser les prêts par anticipation. Et Berlin s’est délesté progressivement de sa participation, pour en vendre le solde il y a quelques jours, au profit notamment du milliardaire allemand Klaus-Michael Kühne qui a renforcé sa position de premier actionnaire du groupe (il détient désormais 17,5% du capital).

LH Group, après avoir enregistré des pertes abyssales pendant deux ans, a également annoncé récemment avoir dégagé son premier bénéfice net au deuxième trimestre de cette année, à l’instar de ses principales concurrentes Air France-KLM et IAG. Mais les conflits sociaux de l’été auront inévitablement un fort impact sur ses résultats du troisième.

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