« Si l’Italie devait sombrer, elle ferait sombrer toute l’Europe avec elle »

Le premier ministre italien Giuseppe Conte. © reuters

Ce n’est pas parce que ce n’est pas une surprise que cela fait nécessairement plaisir. Je parle de la commission européenne qui a refusé – comme prévu – le budget présenté par le gouvernement italien.

Les thèses des uns et des autres sont connues. « Bruxelles », comme on dit à l’étranger a refusé cette proposition de budget, car le déficit est trop grand et sort des clous imposés par l’Europe. Du côté italien, c’est la même rengaine, à savoir : ce n’est pas à Bruxelles à dicter au peuple italien ses choix budgétaires.

Bien entendu, le gouvernement italien n’est pas fou et a ajouté que le pays ne souhaitait pas sortir de l’euro et qu’il estimait que ce budget était bon aussi pour l’Europe, car une Italie plus forte, c’est bon pour tout le monde.

Répéter ce genre d’assurance n’a qu’un seul but : éviter que les marchés financiers ne paniquent alors que chacun sait qu’il y a des eurosceptiques au sein du gouvernement italien. Voilà pour la rhétorique des uns et des autres.

L’Italie a maintenant 3 semaines pour répondre à la Commission européenne. Pendant ce temps, l’agence de notation Moody’s a déjà dégradé la note de la dette publique italienne.

Ce n’est pas bon évidemment, car elle n’est plus qu’à un cran maintenant avant d’entrer dans la catégorie de la dette spéculative. C’est même dangereux pour l’Italie, car si demain la situation ne devait pas s’améliorer et que sa dette publique devait être davantage dégradée, les banques et aux assureurs seraient obligés de vendre leurs obligations italiennes, un drame pour chaque citoyen italien, car les taux d’intérêt grimperaient au ciel.

« Si l’Italie devait sombrer, elle ferait sombrer toute l’Europe avec elle »

Pas de drame donc pour le moment, mais il est minuit moins cinq ! Alors que va-t-il se passer demain ? Question difficile ! Les pays les plus orthodoxes sur le plan budgétaire comme les Allemands, l’Autriche ou les Pays-Bas veulent mettre la pression sur l’Italie pour qu’elle rentre dans les rangs.

Ils estiment que dès lors que nous avons une monnaie commune, il faut respecter les règles et ne pas mettre en danger les autres pays. Il y a aussi la banque centrale européenne qui va sans doute mettre la pression sur le gouvernement italien.

A priori, après la fin de l’année, elle n’achètera plus de dette publique italienne et les taux pourraient donc augmenter fortement en étranglant le pays et en effaçant d’un seul coup toutes les promesses budgétaires du gouvernement populiste.

Il y aura sans doute des discussions durant les prochains jours. La seule certitude à court terme est que dans l’esprit de tous, il n’est pas question de revivre le scénario grec pour la simple raison que l’Italie, c’est la 3e puissance économique de la zone euro. Si elle devait sombrer, elle ferait sombrer toute l’Europe avec elle. Et ça, les partis au pouvoir en Italie le savent bien, ils ont donc des munitions pour négocier. Espérons seulement que nous ne sommes pas partis pour une « crise de l’euro saison 2 » comme on dit dans les séries télé…

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