Une croisière le long des rivages atlantiques avec Rivages du Monde

Nul besoin de s’offrir une croisière Tour du Monde comme le proposent plusieurs paquebots car Rivages du Monde permet d’enchaîner 2 voire 3 croisières si pas davantage au fil de son itinéraire d’un océan à l’autre, toujours sur le World Explorer, un navire à taille humaine avec son quota maximum de 180 passagers.

On conserve sa cabine et cette prolongation assure un meilleur service encore auprès de l’équipage. Nous avions choisi de profiter de l’arrivée à Porto après notre croisière aux Açores pour poursuivre vers Bordeaux en « cabotant » le long de la côte atlantique. Nous étions même 17 passagers à avoir choisi cette belle formule. Par contre cette croisière plus courte, 5 nuits, se découvrira plus dense que la précédente entre des escales journalières qui ouvrent sur des villes aux visages variés, des conférences presque quotidiennes et de belles soirées musicales. On quittera le bateau avec des images plein la tête.

Porto, la perle du Portugal.

La présence du tram A non loin de notre point de débarquement au port de Matosinhos, à quelque 8 km de Porto, nous permet de rejoindre la ville en moins de 30 minutes, à deux pas de l’étonnante gare São Bento dont les murs de la salle des pas perdus sont recouverts de panneaux d’azulejos qui illustrent les hauts faits de l’histoire du pays. Une symphonie de bleus que l’on retrouve encore sur les façades des églises. Pour continuer vers les quais du Douro, la rua das Flores est particulièrement agréable à parcourir d’autant qu’elle rassemble de jolies boutiques traditionnelles et plusieurs demeures de style baroque aux façades blasonnées.

C’est encore à pied que Porto se découvre le mieux. Quand on débouche dans le quartier très animé de la Ribeira, colonisé par d’accueillantes terrasses de restaurants ou de cafés, on peut choisir de s’enfoncer dans des ruelles pavées souvent labyrinthiques, pentues et obscures qui débouchent sur des placettes, des églises baroques, des couvents, des façades tapissées d’azulejos, des balcons en ferronnerie, jusqu’à rejoindre enfin l’esplanade de la cathédrale qui a plutôt l’allure d’une église-forteresse. Du parvis la vue s’ouvre sur le fleuve et ses quais mais aussi sur la dégringolade des toits rouges de cette ville en montagnes russes.

La Ribeira de Porto se mire dans le Douro où est ancré un rabelo.
La Ribeira de Porto se mire dans le Douro où est ancré un rabelo.

Il suffit de traverser le pont métallique à double tablier Dom Luis I pour arriver à Vila Nova de Gaia, ville jumelle de Porto qui se trouve sur l’autre rive du Douro et c’est depuis ce quai que Porto se déploie dans toute sa beauté. En avant-plan, les célèbres rabelos, ces barques en bois qui jadis transportaient depuis les vignobles à une centaine de km en amont les barriques de vin en évitant les remous du Douro grâce à un jeu habile de la grande perche en poupe. Aujourd’hui elles proposent des petites promenades sur le fleuve qui offrent entre autres la possibilité de passer sous les 6 ponts de Porto jusqu’à arriver à l’embouchure du fleuve dans l’Océan Atlantique.

La Corogne, la Cité de Cristal.

Sans doute une des plus belles arrivées dans une escale de croisière maritime. Il faut dire que la ville s’étend sur une presqu’île dont notre bateau a dû faire le tour avant de pénétrer dans sa rade juste en face du port de plaisance et de la superbe façade de la Marina avec ses pittoresques galeries d’acier couvertes de vitres et peintes en blanc auxquelles elle doit son surnom. Bâtis dans la seconde moitié du 19ème siècle à l’époque de l’industrialisation de la ville, ces immeubles modernistes ont pris la place de l’ancien port de pêche. Tout en protégeant les habitations du vent de la mer, ces galeries permettent aussi de conserver la chaleur l’hiver et de les rafraîchir en été.

Quand l’ancienne ville fortifiée cède la place à la bourgeoisie incarnée par les riches coloniaux qui quittent les colonies espagnoles au moment de leur indépendance pour s’installer dans le pays de leurs ancêtres, ils sont bien décidés à y faire souche là où il sera possible de commercer avec les pays d’Amérique. La Corogne sur une presqu’île qui s’avance dans l’océan et bordée d’une large baie est un lieu éminemment stratégique, un carrefour commercial qui n’attendait plus que des entrepreneurs. Ils seront nombreux à s’y poser et à faire fortune. Audacieux ils introduiront de nouveaux courants artistiques venus de France et de Catalogne, loin du classicisme qui a inspiré le patrimoine historique. Les formes prennent vie, les parements sont ornés de lignes courbes et d’arabesques.

Le centre historique juché sur une butte n’a pas modifié sa physionomie pour autant mais il est devenu résidentiel. S’y promener c’est entrer dans un monde feutré égayé par les chants d’oiseaux qui nichent dans les arbres qui ombragent les places dominées par des églises ou encore le jardin romantique San Carlos. La vaste et élégante place María Pita où s’élève l’hôtel de ville fait la transition entre le cœur historique et la ville Art Nouveau. A noter la longue plage de sable blanc nichée entre le paysage urbain et les eaux bleues mouchetées de quelques rochers, un vrai bonheur pour les habitants de la ville.

Bilbao, entre l’ancien et le moderne.

La place de la modeste cathédrale Santiago bordée de maisons garnies de bow-windows affiche des couleurs vives.
La place de la modeste cathédrale Santiago bordée de maisons garnies de bow-windows affiche des couleurs vives.

La ville se niche entre deux montagnes au bord d’une rivière qui s’écoule vers la mer à une dizaine de kilomètres de là. Le Casco Viejo, à savoir le centre historique de Bilbao s’est créé en 1300 autour de 7 rues étroites qui forment un dédale piétonnier animé, ponctué de placettes et bordées de hautes maisons colorées garnies de bow-windows et de balcons en fer forgé. La cathédrale gothique de taille modeste avec son unique tour est dédiée à St-Jacques rappelant que la ville est sur l’une des voies qui mènent à St-Jacques de Compostelle.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, avec l’essor industriel lié à l’exploitation de mines de fer, Bilbao traverse la rivière pour mieux s’étendre sur la rive gauche. Dans une ville en pleine croissance, les belles avenues rectilignes se couvrent de palais, de banques et de demeures Art Nouveau. La place Moyúa en est l’épicentre avec l’éclectique palais Chávarri dessiné par Paul Hankar, un des maîtres bruxellois de l’Art Nouveau, ou encore la Casa Montero parfois appelée casa Gaudí de style moderniste.

Toutefois dans les années 1980, la crise de l’acier voit péricliter les activités sidérurgiques et Bilbao est touchée de plein fouet. Toutefois, elle se lance le pari de rebondir en assainissant sa rivière, en nettoyant ses façades couvertes d’une poussière noire et en invitant Frank Gehry à construire un musée moderne au cœur de la ville. La star de cette renaissance est bien sûr le fameux Guggenheim qui verra affluer des touristes du monde entier dès son inauguration en 1997 et la prospérité est au rendez-vous. De nouveaux édifices résolument modernes renforcent le renouveau architectural de Bilbao signé par des architectes de renom : la tour couverte de verre de 165m Iberdrola conçue par César Pelli, les bouches, couloirs et quais du métro signés par Norman Foster, l’Azkuna Zentroa installés dans les anciens chais municipaux réaménagés par Philippe Starck, …

On quitte la ville éblouis et bluffés, bien décidés à y revenir un jour. C’est tout l’intérêt d’une croisière, vous donner selon les escales une impulsion pour y revenir un jour dans une formule de city-trip.

L’estuaire de la Gironde.

Le port Médoc, le port de plaisance avec ses 800 anneaux à Le Verdon-sur-Mer
Le port Médoc, le port de plaisance avec ses 800 anneaux à Le Verdon-sur-Mer

C’est à Le Verdon-sur-Mer, une petite station balnéaire située à l’extrême pointe du Médoc entre estuaire et océan que descendront les passagers désireux de découvrir au fil d’une journée d’excursion l’un ou l’autre château du Médoc. D’autres passagers choisiront de rester sur le bateau pour rejoindre Bordeaux en remontant l’estuaire de la Gironde et ensuite la Garonne qui le forme l’estuaire avec la Dordogne. Quelques heures paisibles installés sur le pont 8 pour tâcher de découvrir les vignobles cachés derrière les arbres qui longent la berge. Ici on navigue lentement entre deux vastes plaines et honnêtement on ne verra pas grand-chose sauf les carrelets de pêche, ces petites cabanes de pêcheurs emblématiques des paysages côtiers dans l’estuaire. Il s’agit de plonger et remonter un filet de pêche carré, en général manipulé par un treuil depuis le ponton qui abrite la cabane. Nous sommes lundi et les pêcheurs ne sont hélas pas au rendez-vous. L’estuaire se garnit de quelques îlots où nichent les oiseaux.

Nous en profiterons pour rencontrer Adrian Medina, le commandant attitré du World Explorer pour Rivages du Monde. Nous avons parcouru avec lui quelque 3000 kilomètres depuis Funchal jusque Bordeaux en passant par les Açores, avec une vitesse de croisière de 13 nœuds, soit 25 km, mais celle-ci s’est adaptée aux conditions météorologiques et à la situation. Nous avons navigué plus lentement entre les îles des Açores tout comme sur l’estuaire, de même lors des manœuvres dans les ports, les parcs protégés et dans les fjords, ajoute le commandant. En effet notre bateau est aussi équipé pour entreprendre des croisières d’expédition dans le Grand Nord ou en Patagonie. Quand je l’interroge sur les différences de navigation en pleine mer ou proche des côtes, « la première me dit-il, est plus reposante car on ne croise guère de navires en pleine mer mais par contre on sait que nous y sommes seuls et loin de tout. C’est bien tout l’intérêt d’avoir une piste d’atterrissage pour les hélicoptères sur le pont 8. La seconde exige plus de vigilance à cause du trafic maritime. La météo par contre peut être aussi difficile à gérer dans les deux cas et il n’y a qu’une règle, respecter la nature, c’est à nous de nous adapter et c’est pourquoi il m’incombe de modifier éventuellement le programme ».

Un dernier mot pour notre arrivée exceptionnelle à Bordeaux en passant d’abord sous le pont d’Aquitaine puis sous le pont levant Jacques Chaban-Delmas. Le World Explorer s’amarrera quai des Chartrons dans le cœur historique de la ville, invitant déjà les uns et les autres à une petite sortie sur les quais pour se dérouiller les jambes au terme de cette dernière journée de croisière.

Rivages du Monde proposera cette croisière sur les rivages atlantiques à bord du World Explorer en 2024 au départ de Porto le 8 mai avec une arrivée prévue au Havre le 15 mai, après avoir découvert La Corogne, Bilbao, La Rochelle, Concarneau et Saint-Malo. Un programme  encore plus riche! www.rivagesdumonde.be

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