Vampire, circuit inversé, sensations fortes et corps écrasés

Régulièrement épinglé aux Diamond Theme Park Awards, Walibi Belgium, qui fait tourner la tête aux petits et aux grands depuis 48 ans, est une valeur sûre du tourisme belge.

Pagtour n’avait plus visité le site depuis quelques années et les infos du parc d’attractions consistaient surtout en faits divers – pannes et incidents bénins ou colère pour cause de sur affluence lors du dernier Halloween. Pourtant le parc évolue sans cesse, avec des nouvelles architectures (5 mondes immersifs) et 6 nouvelles attractions depuis 2018. Impossible de tester toute l’offre, une quarantaine, et ce sont donc deux spécialistes de 6 et 8 ans qui ont mené l’expédition.

Derrière le décor, le parc, sans divulguer de chiffres en pleine saison, confirme une fréquentation similaire aux années avant-covid et un profil de visiteurs stable – familles et jeunes adultes. 40% viennent de Wallonie, 20% de Flandre et 20% du nord de la France. Face à un public friand d’expériences globales, le parc développe depuis quelques années des zones thématisées avec des animations pour tous les âges. Pour 2023, le parc affiche trois nocturnes, les Summer Nights – 11, 12 et 14 août de 10 à 22h. Afin de ne plus connaître les embouteillages de l’édition 2022, une série de mesures préventives seront également prises pour l’événement Halloween, du 23/10 au 5/11 – comme, notamment, la réservation en ligne obligatoire. Et le parc sera ouvert – c’est une nouveauté ! – pendant les congés de Noël 2023 et de Carnaval 2024.

Ambiance et aménagement

Exotic World et Tiki Waka, mise en bouche pour les plus jeunes téméraires

Plus d’un million et demi d’entrées par an, une capacité de 20.000 visiteurs par jour. Un domaine de 60 hectares qui propose une quarantaine d’attractions dont une petite dizaine, les plus courues, sont clairement conçues pour déclencher des décharges d’adrénaline, des frissons de peur, des sensations très fortes dont les ados, particulièrement, sont les plus friands. Ce sont d’ailleurs ceux-ci qui animent en partie le parc, dans les allées, échangeant sur les sensations, les temps de file, les estomacs qui se retournent, la boule au ventre et prodiguant des conseils aux plus jeunes ou aux plus âgés. Ce qui nous a aidé à faire nos choix.

Des thèmes sont développés autour des attractions principales, afin de créer un monde cohérent (il y en a 5) qui inclus aussi une zone de restauration et de shopping. L’accès aux différents divertissements est indiqué à l’entrée – en cm, accompagné ou non -, mais, en ce qui nous concerne, aucune vérification n’a été opérée au moment de monter dans les wagons ou autres navettes. Une seule fois, à la fin de la file du Psyké Underground, un jeune homme a refusé l’embarquement de notre petit qui atteignait 1m30 grâce à ses cheveux. Il a eu raison, cela devrait être vérifié à chaque fois. Evidemment, de nombreuses stations photos parcourent les attractions les plus intenses. Nous évitons généralement ce genre de surenchère financière mais une était tellement drôle que nous l‘avons prise…

Les mondes

Ces différents mondes ne se retrouvent pas toujours dans les attractions, surtout celles qui misent tout sur les sensations et négligent un peu leur environnement direct – terres non entretenues ou débarras non décorés, eaux vertes, pas de décor le long de la file d’attente qui est souvent plus longue. Les spécialistes regrettent le manque de théma une fois à bord.

Heureusement, le parc est vraiment adapté à toutes les générations. Une grande offre d’attractions et de manèges est réservée aux plus petits dès deux ans ou à ceux qui recherchent des moments plus calmes. Des répliques de manèges à sensations permettent aux plus jeunes de faire comme les grands, des grands espaces sécurisés sont aménagés pour les plus petits, les toilettes sont en nombre. Le parc est aéré, on peut voir les attractions de loin, le temps d’attente à l’entrée de chaque divertissement est indiqué à l’entrée. C’est vraiment une destination idéale pour les familles – tout le monde est content.

Les attractions-phare

Evidemment, les jeunes, dont c’est la première visite, nous embarquent directement dans deux des attractions-phare installées près de l’entrée et sans grande file d’attente – c’est le matin.

Loup Garou, un distributeur de baffes selon les ados spécialistes

Vampire est le premier avec un circuit inversé (et donc des double in-line twist et des sidewinder) qui nous suspend la tête en bas, opère des rotations et des accélérations brutales de 4G qui font trembler les corps écrasés. On croit que c’est l’objectif mais, quand on entend les spécialistes, on n’est pas assez exigeant avec ce « distributeur de baffes ».

On enchaine avec le second, le Loup Garou, en se disant que ça va être un peu plus cool car il a l’air plus vieux, en bois. Raté, Ça secoue énormément, ça vibre, ça décolle, je me demande pourquoi je m’inflige ça et les enfants adorent.

Ces deux attractions qui montent à 80km/h attirent les plus jeunes (ou les plus anciens) qui peuvent embarquer et ne connaissent pas encore grand-chose. Mais elles sont sévèrement jugées par les spécialistes dont certains « se font » parfois tous les parcs d’Europe : « C’est inconfortable et on est trop secoué, ces engins sont obsolètes. En fait, les nouvelles attractions, qu’on croit plus violentes, sont plus confortables, plus fluides, les harnais sont mieux. C’est plus rapide mais mieux conçu. »

C’est clair, les attractions les plus récentes sont les meilleures, non seulement en termes de sensations, mais aussi en termes de confort. Pour les amateurs, les plus anciennes nécessitent un retrack (rénovation) ou peuvent être carrément supprimées. Pour nous, c’est déjà assez fort dans notre circuit expérimental. Même si le plus âgé de nos aventuriers est un habitué de Popsaland dont il vante le Tomorrowland, la montagne russe « la plus spectaculaire d’Europe » qu’il fera tout de même vaciller de son trône en fin de journée.

Les gros frissons !

Kondaa, le dernier mega coaster, le plus rapide du Benelux

On passe donc le très apprécié Kondaa, le mega coaster qui parcourt 1,2km avec des pointes à 113km/h et des bosses qui provoquent de nombreux courts mais intenses moments d’apesanteur. Il faut entendre le jargon des connaisseurs : airtime, drop, camelback, nicr, ride, lift, non-inverted cobra roll ; bunny hop. Les autres attestent sagement : une tuerie. Trop de file et déjà pas mal d’émotions, nous ne testerons donc pas la plus grande et la plus rapide attraction du Benelux. A côté, les futurs experts se font la main sur le Kondaala et le TIki-Waka plus familial (min 1m, pointe de 55km/h) dans l’Exotic World qui propose aussi des activités plus sages, comme un énorme pont de singes, une mini Tower et des jeux d’extérieur plus classiques

La Dalton Terror est un grand classique dont la chute libre de 77m à 110km/h laisse littéralement sans voix. Et c’est cette expérience que notre plus jeune de 6 ans décide de tenter. C’est à ce moment-là qu’on se demande si cette succession de sensations extrêmes ne constitue pas autant de mini traumas… surtout chez les plus petits qui n’ont peur de rien mais n’en mènent pas large.

Fun World pour les plus petits

D’ailleurs les têtes blafardes et les regards hagards n’ont pas d’âge et sont nombreux à la sortie des attractions. Au registre des autres frissons garantis, le Buzzsaw, balançoire géante à l’envers, avec des cors malmenés et des cris effrayants, Cobra pour la tête à l’envers pendant les avants-arrières ou encore Psyché Underground, obscurité totale pour des boucles et des loopings « force G4,88 » sur fond de musique électronique.

Un plaisir énergivore… jusqu’à 2030

Pulsar un splash coaster qui mouille et donne des sensations avec des accélérations arrière connaît la plus forte affluence pendant une bonne partie de la journée – attention, les spectateurs trop près de la vague sont davantage arrosés que les passagers dont la place détermine la masse d’eau reçue. Le temps de l’attraction est trop court, surtout pour l’attente – évidemment, avec un envol à 100km/h et une chute libre de 45m, ça passe vite. Il paraît que la panne dont nous avons fait les frais est récurrente selon les habitués du parc. Dans les haut-parleurs, l’animatrice annonce que, à cause de son succès de fréquentation, » la capsule manque d’énergie en cette fin de journée ». Nous, on positive en se disant qu’on préfère une réparation à un problème en plein vol. Mais on a envie de retourner pour la tester.

Nous n’attendrons sans doute pas le futur espace de panneaux photovoltaïques de 2,5 hectares prévu pour décarboniser le parc qui vise la neutralité à 2030 – l’isolation des bâtiments et l’utilisation d’ampoules LED sont les premiers signes de cette ambition et la raison affichée de l‘augmentation des tarifs.

Calamity Mine, pour trembler dans un décor réussi

Outre les moments de relâche pour manger et boire dans les restaurants à l’offre assez diversifiée – mais qui provoquent une sensation d’un autre ordre au moment de l’addition -, des attractions aussi originales et ludiques permettent de souffler entre deux expériences extrêmes.

Calamity Mine, avec son décor attirant pour les familles et son côté vieillot sympathique, avec des ponts et des cascades, se révèle aussi secouant quand on comprend qu’il s’agit encore d’une montagne russe – mais avec ambiance et vue sur les autres monstres du parc. Cela dit, avouons-le, on l’a refait deux fois !

La Radja River reste incontournable depuis le début du parc, typiquement pour les familles et les groupes qui ne craignent pas d’être mouillés.

Flash Back, avant la pente très raide et la vague

Flash Back, où un bateau-tube remplace le bateau bouée de la Radja River, s’autorise des marches arrière et des pentes plus raides. Tout le monde ressort éclaboussé et ravi au point d’en redemander.

Little Swing, la balançoire classique qui tourne dans les airs, et Salsa y Fiesta pour tourner sans, cette fois, quitter le sol, sont d’excellents calmants avant de reprendre le circuit de « ce qu’il faut faire ».

A l’intérieur….

Les attractions ciné d’intérieur, pour une pause incognito

Le repli intérieur est aussi une stratégie pour se remettre à l’endroit, ou pour se cacher du soleil ou de la pluie.

Au chapitre des émotions, le Tapis Volant va trop vite dans sa construction pour comprendre totalement ce que le mauvais génie veut nous dire en deux langues dans son décor d’Orient à l’ancienne un peu compliqué pour les plus jeunes et un peu trop calme pour les ados. Mais il y a aussi plein de papys et de mamys dans le parc.

Le Cinéma 4D, avec, à l’affiche, Los Banditos, est un peu faible par rapport à ce qu’on trouve désormais un peu partout ailleurs, mais les très jeunes s’amusent.

Au Popcorn Revenge, primé à l’international, une séance interactive demande aux participants d’exploser des popcorns au moyen d’un pistolet à air comprimé.

Toujours aussi paisible, le Challenge of Tutankhamon où les adultes semblent prendre plus de plaisir à viser les lumières qu’il faut éteindre avec un fusil laser tandis que les enfants regardent plutôt les momies et les monstres qui hantent le parcours et se sentent moins à l’aise !

Toujours plus fort

Impossible de tout parcourir en une journée, c’est l’évidence. Un mercredi ensoleillé des premiers jours de juillet, sans grande affluence, nous a permis de monter sur une dizaine de grosses attractions, plus un morceau d’une plaine de jeux. Très bon score. Et l’impression qu’il y en a vraiment pour tous les goûts malgré la pression de cette idée qu’il faut absolument se faire secouer pour s’amuser. Seule fausse note relevée par les enfants : l’absence de fontaines d’eau pour remplir leurs gourdes.

L’offre de parcs d’attractions en Belgique (et en Europe) est importante et la concurrence pousse à aller toujours plus loin. Chaque domaine doit avoir ses musts. Le but des attractions-phares est clairement de provoquer les sensations les plus fortes, quitte à ce qu’elles soient dérangeantes, faire décoller les passagers de leur siège, enchaîner les virages les plus penchés et les grands huit, les pentes les plus raides, des rotations, des loopings, des vitesses toujours plus excessives, des vrilles, des retournements. Bref, enchainer les frissons les plus forts. Tout ce qui est réservé aux plus de 1m30 est mortel – avec une autre signification selon qu’on a moins de 20 ans ou qu’on a plus de 40 ans ! Il faut le savoir et, si vous n’avez pas étudié le site web (un vrai conseil), n’hésitez pas interroger ceux qui sont dans la file avant de décider de vous y frotter.

Silverton, la nouveauté du mois d’août

La nouvelle attraction dont l’inauguration aura lieu au mois d’août s’appelle Silverton, dans la zone Western du parc – un nom qui évoque un mythique train de mine qui traversait les Rocheuses à 3000m d’altitude. Pourtant, les locomotives montées sur douze bras seront accessibles aux plus de 90cm accompagnés d’un adulte et les passagers pourront eux-mêmes contrôler l’inclinaison de leur siège. Une animation typiquement familiale.

Béatrice Demol

PRATIQUE

– L’accès au parc est très aisé, en train ou en voiture : boulevard de l’Europe 100, 1300 Wavre. On ne loge pas à Walibi, mais l’offre d’hébergement est assez complète dans la région. Le parc est ouvert de 10 à 19h.

– Si vous le pouvez, choisir sa date de visite n’est pas inutile. Le samedi est souvent le jour le plus chargé, les ponts et l’été connaissent une grande affluence (même si nous avons trouvé notre visite très confortable), essayez de vous y rendre dès le matin, de profiter de la pause repas (12-14h) des autres et de rester jusqu’à la fermeture. Le site https://www.ooparc.com/fr/275-Walibi_Belgium/Infos/Frequentation/ informe en temps réel de l’affluence du parc, entre « journée calme », « agréablement occupé », « occupé », « forte affluence » et « à éviter ».

– Prévoir une météo belge et des vêtements de rechange pour les amateurs d’attractions qui mouillent (ou alors un poncho, une serviette légère), la crème solaire en saison, un sac à dos imperméable, de l’eau, de quoi grignoter si vous ne voulez pas doubler le prix de la journée.

– Les prix viennent d’augmenter de 3€. La différence entre un ticket enfant et adulte est minime et la multiplication des Pass (Silver, Gold, Platinium, Speedy One, Rides et Unlimited !) et abonnements est confuse. Des promos et des réductions sont régulièrement proposées sur le site web. L‘achat des billets en ligne permet de franchir les caisses et de se rendre directement au contrôle d’entrée. Le site web du parc est aussi utile pour vérifier s’il n’affiche pas complet et éviter de s’y rendre pour rien !

– Ne croyez pas que le parking est gratuit parce que les barrières sont levées. Il faut acheter un ticket aux caisses. Faites-le dès votre arrivée car, après 15h, il passe de 10 à 12€.

– Plus d’infos sur le site www.walibi.be

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici