NDC: on avance…

Depuis que les compagnies aériennes ont enrichi leur site de nouvelles fonctionnalités, un écart s’est creusé avec les agences de voyage. NDC tendrait à combler cet écart en permettant à celles-ci de vendre des produits supplémentaires avec la même facilité.

Le défi est de taille pour tous les acteurs de la chaîne du voyage : pour les compagnies aériennes, d’abord, où les revenus complémentaires représentent désormais une source croissante de revenus, même pour les compagnies régulières traditionnelles (v. PagTour du 5 décembre 2016). Pour les GDS, qui craignent de voir les agences se distancier d’eux. Et pour les agences de voyage, encore plus, pour lesquelles le NDC peut en effet constituer un moyen de se désengager des GDS, mais qui risquent de connaître d’autres contraintes avec les airlines.

Les airlines créent les offres

Rappelons que le standard NDC (New Distribution Capability), basé sur la norme XML, permet d’échanger bien plus d’informations que les standards actuels entre compagnies aériennes et agences. Ce qui change vraiment avec le NDC, c’est que c’est la compagnie qui crée les offres et les transmet aux GDS, qui les transmettent ensuite à l’agence. Sabre, Amadeus et Travelport deviendraient ainsi agrégateurs NDC d’ici la fin de cette année.

Du côté des airlines, encouragées par l’IATA, American Airlines a pris le parti de rétribuer de 2 dollars toute agence qui passera par une connexion NDC pour un segment de vols réservés sur un de ses appareils. Depuis avril, Lufthansa ne propose ses meilleurs tarifs que sur les canaux de distribution et de réservation directs et via le canal NDC.

Améliorer les services aux voyageurs

Amadeus a annoncé en début d’année le lancement du programme NDC-X qui réunira des experts de différents domaines d’activité en vue de faciliter l’utilisation de la NDC par l’industrie du tourisme.

American Express Global Business Travel vient de rejoindre le programme. « La NDC offre un énorme potentiel pour l’industrie du voyage et s’inscrit dans la transformation digitale de notre industrie, qui amène les compagnies aériennes et les agences de voyage à tester de nouvelles approches pour améliorer les services fournis aux voyageurs », dit-on chez Amadeus.

Loin d’une plateforme unique…

Sabre entend permettre aux professionnels du secteur de pouvoir passer par la chaîne directe ou indirecte. Autrement dit, de pouvoir intégrer la norme NDC en plus des canaux traditionnels. « Les professionnels de l’hôtellerie, du ferroviaire et des croisières peuvent aussi vendre plus d’ancillaries grâce à NDC », explique Sean Menke. CEO et Président de Sabre. Un enjeu important, en particulier pour les hôteliers qui remplissent essentiellement leurs établissements avec des ventes indirectes.

Mais demain, une compagnie aérienne pourrait très bien proposer du train ou du bus pour proposer une expérience de bout-en-bout. La distribution va sans aucun doute changer de visage et des offres dynamiques vont voir le jour. « Mais nous sommes encore loin d’une plateforme unique », a-t-il concédé.

Avec le projet «Beyond NDC», Sabre passe pourtant à présent à la vitesse supérieure (lire par ailleurs), en collaboration avec des poids lourds comme American Airlines, Amex Global Business Travel, Carlson Wagonlit Travel et le Flight Center Travel Group — et ce n’est sans doute qu’un début. L’objectif est d’établir des solutions allant au-delà de l’achat et de la réservation pour une intégration dans les systèmes de vente, de distribution et de logistique dans les voyages.

La phase de lancement devrait être longue

Les GDS permettent de vendre des services ancillaries, des bagages additionnels, par exemple. Mais quand il s’agit de centaines de compagnies aériennes, il y a forcément une plus grande complexité. Pour Christian Sabbagh, président d’Orchestra (photo), le NDC est une norme moins complexe que le système historique, qui permet de se connecter facilement aux compagnies aériennes.

Les compagnies aériennes ont ouvert leurs systèmes d’inventaires à des acteurs externes pour faciliter les échanges de flux. Si elle n’utilise pas de système centralisé de type GDS pour le faire, l’agence de voyage peut se connecter directement au système de la compagnie aérienne. Mais chaque compagnie a des particularités et des modes d’implémentation spécifiques de la norme NDC. Les agences doivent donc s’adapter à chaque compagnie si elles veulent passer en direct.

Christian Sabbagh estime que cela devrait prendre 2 à 3 ans pour se mettre en place. « D’ailleurs, observe-t-il, beaucoup de compagnies ne sont pas encore prêtes à distribuer ces nouveaux contenus. Après la phase d’analyse qui a duré 3 années, la phase de lancement sera longue. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura un niveau de complexité supérieur. Les entreprises qui voudront jouer un rôle devront gérer cette complexité. D’ailleurs, ce n’est pas que le processus de réservation qui sera impacté mais aussi le paiement et le back-office ».

Et Google dans tout ça ?

Enfin, à l’heure où Google s’attaque au marché aérien avec Google Flights, il faudra sans doute aussi compter avec le moteur de recherche, de même avec Facebook, dont les ambitions dans le secteur du voyage sont loin d’être nulles.

Sans compter que cet échange direct d’informations entre les compagnies aériennes et les voyageurs pourrait permettre aux compagnies de leur proposer directement leurs services, sans passer par les agences de voyage — ce qui, notamment, ne faciliterait pas le contrôle des dépenses des voyageurs d’affaires.

Comme pour toutes les nouvelles technologies, le NDC représente un danger pour certains, en même temps qu’une formidable opportunité pour les autres… ou pour les mêmes.

[Avec Tom.travel]

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