Bonheur Intérieur Brut ?

Bhoutan © Pixabay

Les BIB Michelin, tout le monde connaît, c’est une abréviation du sympathique Bibendum. Mais BIB avec des points entre les lettres, soit B.I.B. est un concept qui, à ma connaissance, n’existe que dans un seul pays au monde: le Bhoutan. Il s’agit du Bonheur Intérieur Brut, lequel dans ce pays remplace le fameux P.I.B.

Ce serait un rêve, n’est-ce pas, de penser en termes de BIB au lieu du PIB. Mais est-ce bien réaliste ? Cela marche au Bhoutan, parce qu’il s’agit d’un pays à peine plus grand que la Belgique, mais avec moins de 800.000 habitants contre nos 11,5 millions… Un pays avec une culture unique, une population par conséquent homogène, et là où il y a de l’homogène, il y a du plaisir.

Mais rêvons un peu, comme le font certains écologistes: les grandes villes (et même les petites) libérées de la voiture, et donc « apaisées », sans pollution atmosphérique, sans bruit puisque les avions aussi seraient supprimés…

Mais est-ce bien un rêve ? Comment la population gagnerait-elle sa vie? Tout le monde payé par l’État ? Et d’où l’État tirerait-il ses ressources ? Ces villes rêvées nous font plus penser au Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, paru en 1932. Un monde qui ressemble à une termitière, ou à une ruche, de laquelle les faibles, les malades, les vieux sont exclus. Sans voiture en ville, ces personnes sont vouées à des institutions spécialisées, des mouroirs.

Sans voiture en ville, comment feront les clubs sportifs pour se déplacer chaque week-end ? Plus de compétition, donc, d’ailleurs l’esprit de compétition est nuisible à la jeunesse, tout le monde sait ça. Plus de visites aux parents non plus, et donc isolement, dépressions… Ou alors il faut habiter la banlieue et prendre les transports en commun, ces véhicules remplis de virus mais dont on ne peut pas souligner publiquement le danger.

Finit aussi le tourisme ? Mais non, on fera comme à Irkoutsk dans les années 50, 60 et suivantes: les habitants (les plus riches) avaient une Lada ou une Moskva dans un garage public à 15 km de la ville. Il fallait prendre le bus, quand il y en avait, pour arriver au garage. Il fallait réussir à faire tourner le moteur… et seulement après ça, vive la liberté!

Celle d’aller dans la compagne voisine, pour une excursion inoubliable. C’est étrange comme aucun occidental n’a jamais rêvé au modèle de vie communiste, alors que tous les habitants des pays de l’Est rêvaient du modèle occidental.

Mais ils avaient tort, bien sûr ! Vivement Bonheur Imposé par des Brutes !

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