Brussels Airlines-Ryanair : deux grèves bien différentes

Nos deux principales compagnies aériennes sont touchées par des grèves cette semaine, et quasiment aux mêmes dates. Ces grèves vont une fois de plus prendre en otage le monde économique et celui des loisirs. Mais tel n’est pas notre propos. Nous voulons surtout pointer les différences de motivation qui ont poussé les représentations syndicales jusqu’à la grève.

Chez Brussels Airlines…
…il s’agit surtout de cadences jugées infernales par le personnel volant (de maîtrise comme de cabine). La compagnie avait durant la mise au sol due à la pandémie, licencié pas mal de personnes, et aujourd’hui que la reprise est là, elle a du mal à retrouver du personnel. Elle n’est pas la seule : pour un petit pays comme le nôtre, il y a 144.000 postes de travail à pourvoir, les entreprises sont en demande, mais les candidats ne se bousculent pas. Le seul pouvoir d’attraction, surtout en période de flambée des prix, c’est l’argent. Mais on ne peut offrir aux éventuels nouveaux venus des salaires supérieurs à ceux que touchent ceux qui sont restés en place, et d’autre part cela va coûter très cher aux entreprises en termes de rentabilité. C’est la quadrature du cercle.

Chez Ryanair, c’est assez différent
Le personnel volant est habitué depuis longtemps à des cadences un peu plus élevées. Ce qui est en cause ici, ce sont les écarts entre la volonté de l’employeur qui se base sur un ultra libéralisme de type irlandais, et les lois en vigueur dans plusieurs pays européens très syndicalisés comme la Belgique, l’Espagne, la France ou l’Italie. C’est donc plus grave.

Mais le plus grave, c’est l’attitude outrageusement arrogante du patron de la compagnie, qui déclarait aux délégués syndicaux que la grève des navigants belges n’aura aucun impact sur les vols. «On ne verra même pas la différence », a-t-il déclaré. C’était mettre les syndicats au défi, et O’Leary a perdu. Ce grand patron n’a sans doute jamais eu de formation en management du personnel, et comme il n’est pas non plus naturellement porté sur les concessions, c’est le clash.

En attendant, du 24 au 26 juin, il sera bien difficile de voyager au départ de nos deux grands aéroports. Et comme c’est aussi le cas ce lundi pour cause d’une grève des services publics, la semaine sera difficile pour le monde économique ; celui qui procure des emplois, il ne faudrait pas l’oublier.

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