Le Café Van Gogh, le soir, flaque de lumière jaune attirant le regard.

Notre croisière sur le Rhône, à bord du MS Van Gogh, a commencé à Lyon (notre première partie publiée hier) sous la conduite experte de l’équipage de CroisiEurope. Elle reprend aujourd’hui à Arles, ville d’art et d’histoire inscrite au Patrimoine de l’Unesco depuis 1981.

C’est en soirée que nous découvrirons Arles et à peine sur le quai nous sommes accueillis par le mistral qui s’est levé et il décoiffe ! Il paraît que lorsqu’il se lève on en a pour 3 jours, cela se confirmera durant la suite de notre croisière. Nous étions trop heureux de nous engouffrer dans la vieille ville et son lacis de ruelles enchâssées derrière les vestiges des remparts romains toujours visibles le long des boulevards extérieurs, à l’abri du vent.

Arles abrite pas moins de 8 monuments classés à l’Unesco, pour la plupart des sites qui rappellent son glorieux passé romain quand elle s’appelait Arelate. L’imposant amphithéâtre au cœur de la ville pouvait contenir plus de 20000 spectateurs dont les flux étaient savamment organisés par un réseau de portes, galeries et escaliers sur plusieurs étages. Il compte parmi les 20 plus grands du monde romain et accueille encore aujourd’hui de nombreux spectacles dont des ferias durant la saison tauromachique. Tout proche, le théâtre antique qui remonte aux premières années du règne d’Auguste n’a été restauré qu’en partie mais durant l’été il retrouve sa vocation de lieu de spectacles offrant aux visiteurs un décor particulièrement inspirant au pied de deux hautes colonnes de marbre qui rappellent la centaine d’autres qui décoraient jadis la scène.

Avec un grand axe de 136 mètres de longueur et un petit axe de 107 mètres, l’amphithéâtre d’Arles est légèrement plus grand que celui de Nîmes.

La ville possède également d’autres joyaux légués par l’histoire comme la magnifique église romane Saint-Trophime. Son portail dont les saints ont échappé à la décapitation des révolutionnaires en 1789 est d’une exceptionnelle richesse et offre un véritable cours de catéchisme comme c’était le cas au Moyen-Age pour raconter la Bible aux chrétiens analphabètes.

Au-delà de son patrimoine romain et médiéval, Arles invite à flâner d’une venelle à l’autre, d’une placette à l’autre, en gardant le nez levé pour admirer cette architecture qui abrite de nombreux hôtels particuliers, de somptueuses demeures ainsi que de nouveaux édifices publics qui vont modeler le centre ancien, comme l’hôtel de ville qui clôt magistralement la perspective de la place de la République marquée par un obélisque de granit provenant de l’ancien cirque romain. Par ailleurs les soirées longues de l’été permettent de transformer les venelles en terrasses bavardes et gourmandes qui nous invitent à en profiter d’autant que notre bateau passera la nuit à quai.

Seconde escale, Avignon, la cité des Papes

La silhouette tronquée du pont d’Avignon lui donne les allures d’un édifice fantôme au-dessus du Rhône, reconnaissable entre tous et symbole de la ville.

Toute la matinée est consacrée à la découverte de la ville et principalement du Palais des Papes que nous connaissons déjà et nous choisissons de nous offrir d’abord un rendez-vous avec le célèbre pont qui invite à la danse. Pour mieux le voir il faut grimper dans le jardin public du Rocher des Doms, le point culminant de la ville qui offre une belle vue sur le Rhône et sur le célèbre pont Saint-Bénezet également labellisé par l’Unesco. Edifié au 12ème siècle, il formait une courbe longue de 920 m supportée par 22 arches et était l’ouvrage le plus ancien construit sur le Rhône entre Lyon et la Méditerranée. Mais les crues successives du fleuve causeront plusieurs fois sa ruine jusqu’au 17ème siècle où il est définitivement abandonné.

De là on redescend vers la place du Palais encore paisible à cette heure matinale. La vaste esplanade de 240 m sur 48 m est dominée par les imposantes murailles du Palais des Papes auxquelles fait face la belle façade ouvragée de style baroque de l’Hôtel des Monnaies.

Les deux clochetons du Palais des Papes se reflètent dans la belle façade ouvragée de l’Hôtel des Monnaies, aujourd’hui un boutique-hôtel.

Le Palais des Papes et l’ensemble épiscopal ont été classés par l’Unesco pour former un ensemble homogène qui en fait le plus grand palais gothique d’Europe avec ses 15000 m2 de surface, qui de plus fut le chantier le plus rapide de son époque, à peine 20 ans pour édifier ce haut lieu de l’histoire médiévale. 7 papes s’y sont succédés de 1309 à 1376, 2 « antipapes » reconnus uniquement par la France, l’Espagne et le royaume de Naples restèrent à Avignon jusqu’en 1403 quand Rome est enfin venue à bout du schisme. Une visite guidée est essentielle pour découvrir cet enfilement de salles qui se termine par la fenêtre dite d’indulgence de laquelle le pape donnait sa bénédiction à la foule réunie dans la cour d’honneur.

On s’égayera ensuite dans les quartiers intra-muros qui proposent une belle balade entre places bordées de beaux hôtels particuliers, ruelles animées et longées de boutiques attrayantes. C’est sur la Place de l’Horloge que bat le cœur de la ville. D’un côté s’étirent des terrasses de cafés et de restaurants ombragées par de hauts platanes, de l’autre se dressent les façades de l’Hôtel de ville et du Théâtre. L’horloge qui donne son nom à la place émerge au-dessus de l’Hôtel de ville sur une vieille tour fortifiée transformée en beffroi au 15ème siècle. Un couple de jacquemarts y sonne les heures depuis.

Quand le cœur d’Avignon s’éveille le matin au lendemain des soirées animées du festival de théâtre…

Dernière vision impérissable, les impressionnants remparts de la ville, longs de presque 5 km, jalonnés de tours et de portes qui se laissent découvrir depuis le bateau.

Découverte des Gorges de l’Ardèche
La plupart des passagers a opté pour cette excursion pour laquelle le bateau nous débarque à la halte fluviale de Châteauneuf du Pape, certains préféreront poursuivre la navigation jusque Viviers où nous passerons la nuit, amarrés à quai.

L’arche du Pont d’Arc est le 4ème espace naturel le plus photographié de France.

Le trajet jusqu’au Pont d’Arc nous permettra de découvrir la jolie silhouette de la petite ville de Pont-Saint-Esprit dominée par le clocher de l’église St-Saturnin du 15ème siècle et le pont médiéval de plus de 900 mètres qui dévoile 25 arches, le plus vieux de tous les ponts sur le Rhône. On voyagera également entre les champs de lavandin, une version hybride de la lavande, sur le plateau de Saint-Remèze avant de pénétrer au cœur de la réserve nationale des Gorges de l’Ardèche. Celles-ci forment un canyon d’une trentaine de kilomètres creusé dans un plateau calcaire et elles s’ouvrent avec une porte majestueuse, le célèbre Pont d’Arc, une arche naturelle grandiose de 54 m de haut et 60 m de large. Elle affiche quelque 500000 ans ! A notre arrivée c’est encore l’heure joyeuse de la baignade et des kayaks qui glissent doucement au fil de l’eau. Un souvenir de vacances qui nous accompagne jusque Viviers.

La petite cité médiévale de Viviers couronne une butte sur la rive droite du Rhône.

La silhouette de la petite ville juchée sur une butte au-dessus d’un champ de tournesols ondoyant au soleil couchant invite plusieurs d’entre nous à découvrir cette cité médiévale qui se parcourt comme un musée d’architecture à ciel ouvert où chaque page d’histoire se lit dans la pierre. On y trouve la plus petite cathédrale de France hélas fermée à cette heure tardive. Au retour vers le bateau, la musique d’un petit orchestre installé dans une guinguette joyeuse près de la halte fluviale attire les uns et les autres pour une rencontre avec les villageois.

Dernière journée, déjà !
Le mistral s’est intensifié à un point tel que la matinée de navigation maintient la plupart des passagers dans le salon bar et lorsque le bateau fait escale en fin de matinée dans la ville de La Voulte-sur-Rhône, nous serons nombreux à sortir nous dérouiller les jambes d’autant que c’est jour de marché qui s’étire au pied d’un village de pierre accroché à un rocher au sommet duquel veillent les ruines d’un château.

La Voulte-sur-Rhône n’est qu’un lacis de venelles à escalader entre un habitat d’un autre âge.Europe

Une nouvelle excursion emmènera les passagers qui le souhaitent vers une découverte en car dans le Vercors. Les paysages qui défilent devant nos yeux sont certes magnifiques, avec des champs cultivés à perte de vue mais la route ne permet pas de s’arrêter et elle nous paraît bien longue pour rejoindre Tournon-sur-Rhône, notre rendez-vous en fin d’après-midi avec le bateau, malgré la compétence de notre guide. Deux courtes étapes, une dans la coopérative Jaillance qui propose les 3 versions de la Clairette de Die, une seconde à Vaissieux-en-Vercors, une ville martyre qui fut au cœur d’une résistance très active durant la seconde guerre mondiale et qui fut ratissée par les nazis en représailles pendant plusieurs jours en juillet 1944 laissant sur place près de 200 morts et 240 maisons détruites. Nous n’aurons toutefois pas davantage le temps de visiter ni le petit musée ni le cimetière. Gavés d’histoires mais frustrés de visites, nous terminerons la dernière journée de cette croisière par la soirée de gala gastronomique qui nous réjouira tous avant notre arrivée matinale à Lyon.

Christiane Goor (texte) et Charles Mahaux (photos)

Pratique
CroisiEurope propose la même croisière de 5 jours jusqu’au 28 octobre www.croisieurope.be/fr/croisiere/rhone-provencal-camargue-classique et en version plus longue de 7 jours jusque Martigues jusqu’au 23 octobre www.croisieurope.be/fr/croisiere/rhone-saone-lyon-portes-provence-classique. Pensez juste à vous couvrir contre les moustiques quand vous serez en Camargue !

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