Kim Kardashian, Nabilla et les crypto-monnaies

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C’est Tristan Bernard qui disait que «l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve, c’est que ça le fatigue». Je pense que c’est sans doute sur la base de cette magnifique citation que Kim Kardashian et d’autres influenceurs ont voulu gagner encore plus d’argent qu’ils n’en ont déjà.

Oui, je sais, mes parents vont m’en vouloir de consacrer une chronique économique sérieuse sur une chaîne de radio publique à un sujet aussi insignifiant que les influenceurs, mais bon avant qu’ils ne me déshéritent, je voudrais me défendre et vous dire que je le fais pour la bonne cause.

Et notamment pour protéger les plus jeunes auditeurs, celles et ceux qui ont entre 15 et 34 ans et qui sont souvent sur des réseaux sociaux comme Tik Tok et Instagram.

En fait, c’est simple, aux États-Unis, Kim Kardashian se retrouve aujourd’hui devant la justice de son pays parce qu’elle a – l’an dernier – demandé à ses fans – qui sont quand même 250 millions à la suivre – «s’ils aimaient la crypto ?».

En posant la question, elle attirait aussi du même coup l’attention sur une nouvelle crypto-monnaie du nom d’EthereumMax. Une semaine après son message, ladite monnaie virtuelle avait perdu 70% de sa valeur.

Kim Kardashian n’est pas la seule à avoir vanté les mérites de cette crypto-monnaie, d’autres célébrités comme le boxeur américain Floyd Mayweather et l’ancien joueur de basket Paul Pierce ont aussi fait le nécessaire pour tenter de gonfler la valeur de cette dernière.

Je parlais des jeunes toute à l’heure, car certains jeunes sont impatients, ne pensent qu’à devenir ultra-riches comme Elon Musk, mais sans les efforts de ce dernier. Comme, avec la pandémie, ces jeunes se sont retrouvés scotchés à la maison, ils se sont intéressés à la Bourse, mais bien souvent sans s’y connaître. Et au lieu de lire et écouter les experts financiers, leurs sources sont à 60% du temps des célébrités qui sont incapables de lire un simple bilan d’une friterie.

Le résultat final, c’est que ces jeunes perdent de l’argent et se retrouvent dans le rôle de l’âne chargé de porter le foin. Mais ne pensez pas que cette vague des influenceurs en faveur des crypto-monnaie soit une spécialité américaine. En Europe, c’est hélas aussi le cas.

D’ailleurs, souvenez-vous, l’ancienne célébrité de la téléréalité, Nabilla – la fameuse auteure du slogan: «Allô, non, mais allô quoi ?» – avait été condamnée en 2018 pour avoir vanté les mérites d’une plateforme de vente et d’achats de Bitcoins à ses abonnés sur son compte Snapchat, mais sans leur dire qu’elle était rémunérée pour le faire. Résultat: amende de 20.000 €.

D’ailleurs, il y a quelques semaines à peine, le parquet de Paris et les autorités financières ont décidé de lancer des enquêtes sur les agissements de plusieurs influenceurs, et notamment des anciennes stars de la téléréalité qui se sont reconverties dans ce business assez lucratif.

En Belgique, les autorités financières regardent aussi ça de plus près. En fait, toute cette histoire me fait penser à nouveau penser à Frédéric Dard qui disait «ce n’est pas parce qu’on a rien à dire, qu’il faut en plus se taire». Cela va tellement bien à ces influenceurs. Et s’ils sévissent encore, c’est uniquement parce que nous sommes dans une société où les pizzas arrivent plus vite que la police !

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