Le Massachusetts, berceau de l’Amérique (1/2)

Au Plimoth Patuxet Museum, l’histoire prend vie sur le village anglais du 17ème entièrement reconstitué en offrant une visite immersive interactive et amusante.

Les Etats-Unis ouvrent enfin leurs frontières aux voyageurs européens, et même si les conditions d’accès semblent encore drastiques, rien ne nous empêche d’élargir enfin notre horizon vers d’autres cieux. Le Massachusetts, un des plus petits États du pays, est à découvrir sur la Côte Est, dans la belle région de la Nouvelle Angleterre.

Tout a commencé en décembre 1620, à Plymouth, à quelques kilomètres à peine au sud de Boston. Le Mayflower, petit navire de 30 mètres, chargé d’animaux, de provisions, de sacs de graines, d’outils et de 101 passagers accoste sur le site d’un village amérindien abandonné. De la centaine de pèlerins britanniques, fanatiques partisans d’une forme stricte du calvinisme, la moitié ne survivra pas au scorbut ni au froid de ce premier hiver.

Une architecture bien américaine qui fait de Boston la ville aux mille briques rouges.

Le salut viendra des indiens Wampanoags qui leur apprendront à faire pousser le maïs, à creuser des canoës et à pêcher dans les eaux poissonneuses du littoral. Cette rencontre salutaire sera célébrée l’année suivante, en novembre, par un traité de paix entre les envahisseurs et les autochtones lors d’une grande fête de réconciliation, commémorée depuis, chaque année, à la même époque, lors du jour d’action de grâce de Thanksgiving.

Boston, la porte de l’Amérique

D’autres pionniers suivront et, peu à peu, coloniseront la côte du Massachusetts. C’est à John Winthrop, à la tête d’une imposante flotte de 11 vaisseaux et accompagné de 750 Pèlerins, que Boston doit d’exister, avec cet élan qui en fit rapidement une grande ville. De fait, six ans à peine après leur arrivée, les puritains avaient déjà fondé une école doublée d’un séminaire, établissement qui portera un jour le célèbre nom de Harvard.

Depuis le Skywalk Observatory situé au 50ème étage de la Prudential tower on peut profiter d’une vue à 360 degrés sur la ville de Boston.

Un siècle plus tard, c’est encore à Boston qu’éclatera la révolution américaine qui, au terme de batailles meurtrières contre les Britanniques, se soldera par la Déclaration d’Indépendance le 4 juillet 1776, jour de l’actuelle fête nationale.

Ce n’est pas pour rien que les Bostoniens et les habitants du Massachusetts revendiquent le statut de berceau de la nation yankee, quitte à être pointés du doigt par leurs compatriotes pour leur esprit quelque peu chauvin.

L’église Trinity sur Copley Square se reflète sur la façade vitrée de la Tour John Hancock Tour.

Par ailleurs, Boston n’est pas peu fière d’être, sans aucun doute, l’une des rares villes américaines à posséder de nombreux vestiges d’un passé qui remonte jusqu’au 17ème siècle. La cité a conservé vivant le souvenir de la lutte pour la liberté en créant un circuit piétonnier, bien nommé Freedom Trail, dont le chemin est imprimé en rouge dans ses rues et sur ses trottoirs.

Newbury Street, la rue incontournable de Boston pour ses boutiques et ses terrasses de café ou de restaurant, avec 3 niveaux, celui du jardin en face de l’immeuble, une sorte de premier étage et l’étage supérieur.

Difficile en effet de se promener dans la ville sans rencontrer le site d’une bataille, un édifice historique ou quelque monument rappelant l’époque coloniale ou révolutionnaire.

La balade permet de découvrir entre autres le plus vieux bâtiment de la ville, la maison de l’orfèvre Paul Revere qui chevaucha toute la nuit du 19 avril 1775 pour prévenir les colons installés à l’ouest de Boston de l’arrivée des troupes britanniques.

Plus loin encore, la Old State House paraît bien petite entre les gratte-ciels de la rue Washington. C’est de son balcon que la déclaration d’indépendance a été dite pour la première fois, et depuis, chaque année, elle y est lue à haute voix lors des festivités du 4 juillet.

Beacon Hill a conservé intacte son ambiance surannée d’autrefois. Ses ruelles pavées, toujours éclairées par de vénérables réverbères à gaz, sont restées étroites, juste assez larges pour laisser passer de front deux vaches, comme l’exigeait la loi fédérale.

La statue de John Harvard est appelée « la statue des trois mensonges » car sa plaque précise que John Harvard fut le fondateur du collège en 1638. Or le collège fut fondé en 1636, John Harvard n’en fut que le donateur et la statue représente un étudiant de l’université qui posa près de 250 ans après la mort du célèbre pasteur.

Elles serpentent entre de superbes bâtisses de briques rouges, ourlées de balcons en fer forgé. Qu’il s’agisse de maisons de poupées ou d’hôtels particuliers, leurs porches sont ornés d’un heurtoir en cuivre. Les squares, dont le plus connu est l’adorable Louisburg, abritent des pelouses arborées, protégées par une grille dont seuls les riverains ont la clef.

Une passion pour le retour aux sources

Boston et Harvard n’ont pas de secret pour les inconditionnels de l’Amérique mais la plongée dans l’histoire se prolonge au-delà de la capitale, dans des villes qui abritent des trésors inattendus. Au sud, Plymouth a immortalisé la roche où les Pèlerins auraient mis pied à terre.

Cependant le regard est davantage attiré par un voilier qui se veut une réplique grandeur nature du Mayflower. La visite du bateau étonnamment petit avec ses 30 mètres de long permet de mieux comprendre le courage, voire même la folie, qui animait ces hommes et ces femmes à l’heure d’entreprendre un voyage aussi risqué qui devait durer 66 jours.

Tout aussi impressionnant, le Plimoth Patuxet Museums, qui se veut une reconstitution fidèle de ce que fut la ville au XVIIème siècle. Côte à côte se dressent un village wampanoag où d’authentiques indiens vaquent à leurs occupations traditionnelles, à l’abri d’une vaste hutte de paille, et le village des pèlerins, un assemblage de cabanes en bois, coiffées de chaume et longées par des chemins de terre poussiéreux.

Au Plimoth Patuxet Museum, l’histoire prend vie sur le site d’accueil Wampanoag qui remet en scène la culture traditionnelle des indigènes.

Ici aussi, des figurants en costumes d’époque s’adonnent à des activités quotidiennes adaptées aux saisons et … au XVIIème siècle : cuire le pain, biner le potager, réparer les clôtures, couper du bois, tondre les moutons, traire les chèvres…

Au nord de Boston s’étire un littoral escarpé qui abrite des petits ports de pêche et une jolie station balnéaire, Rockport, très prisée par les artistes du début du siècle dernier, inspirés par les bateaux colorés amarrés au pied de petites maisons en bois, souvent construites sur pilotis. Toutefois, la localité la plus ensorcelante, à plus d’un titre, reste Salem.

Bien connue pour les dramatiques procès de 1692 qui condamnèrent à mort une vingtaine de personnes accusées à tort de sorcellerie à cause du délire alimenté par les peurs superstitieuses de deux fillettes, la petite cité a tiré parti de son passé intolérant en multipliant les visites et les activités de loisirs qui font d’elle aujourd’hui la très populaire capitale de la sorcellerie.

Grand et ambitieux mais accessible et authentique à son histoire, le Peabody Essex Museum est un musée international avec des racines locales et régionales profondes, une institution contemporaine dont l’ADN remonte à plus de deux siècles.

Mais la ville abrite encore un remarquable musée, le Peabody Essex, qui retrace près de trois siècles d’histoire de la Nouvelle-Angleterre. Les armateurs de Salem, enrichis par le commerce d’huile de baleine avec des pays aussi lointains que l’Inde ou la Russie, eurent l’idée de fonder ce musée pour mettre en exergue les trésors – que d’aucuns appelleraient les butins – qu’ils ramenaient de leurs expéditions maritimes.

La pièce la plus inattendue est sans contexte l’authentique maison de la dynastie Qing, importée de Chine et intégralement reconstruite dans la cour du musée.


Infos pratiques.

Y aller : Ne pas oublier de remplir le formulaire électronique ESTA au plus tard 72 heures avant le départ (http://esta.cbp.dhs.gov/esta). Il importe de vérifier également le dispositif d’accueil sanitaire au moment du départ.

Quand partir : L’été est la période la plus agréable. Eviter la « saison des boues » dite aussi la 5ème saison, de fin mars à avril, car les précipitations y sont importantes.

Office de tourisme : Toutes les informations peuvent se trouver sur les sites www.massvacation.com, Massachusetts: Six Regions from Ocean to Mountains (visittheusa.com) ou encore www.office-tourisme-usa.com

Littérature : Le Massachussetts a alimenté l’imagination de nombreux auteurs qui y sont nés. Les amateurs de littérature classique américaine noteront que la célèbre maison aux sept pignons de Salem a inspiré Nathaniel Hawthorne pour son roman éponyme. A la même époque, Herman Melville écrivit à Pittsfield, dans les Berkshires, son chef d’œuvre Moby Dick.

La banlieue bostonienne de Concord a nourri plusieurs écrivains de renom, tels les philosophes Emerson et Thoreau et la romancière Louisa May Alcott dont Les quatre Filles du docteur March attendrissent encore les jeunes adolescentes actuelles. Enfin Edith Wharton, dont le roman Le Temps de l’Innocence emporta le prix Pulitzer, construisit à Lenox une somptueuse résidence d’été qui se laisse visiter et dont les couleurs blanches et les volets verts lui donnent une allure très Nouvelle-Angleterre.

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