Alors que les rapports d’agression sexuelle et de harcèlement balaient la planète, il semble que l’industrie du tourisme n’échappe pas à la vague du mouvement #MoiAussi.

L’année dernière, un sondage réalisé auprès de près de 2000 agents de bord par l’Association des agents de bord (AFA-CWA) aux États-Unis a révélé des résultats préoccupants : un répondant sur cinq a dit avoir été victime d’une agression sexuelle par un passager lors d’un vol. Dans moins de la moitié des cas, celles et ceux qui ont vécu de tels incidents les ont signalés, a rapporté Travel Weekly.

Photo : San Diego Air & Space Museum – Source : Supplied

Fait encore plus préoccupant, la « très grande majorité des intervenants » ont déclaré n’avoir reçu aucune formation de leurs employeurs (les compagnies aériennes) concernant spécifiquement les agressions sexuelles.

Ils ont aussi déclaré n’avoir aucune connaissance de l’existence de lignes directrices écrites sur la gestion des agressions sexuelles.

Paul Hudson, président du groupe de défense des consommateurs, Flyers Rights, estime que le public bénéficierait d’une réglementation exigeant que le gouvernement fédéral collecte ces données auprès des compagnies aériennes. « Rendre les données publiques donnerait aux transporteurs une incitation supplémentaire à réduire les agressions sexuelles et le harcèlement sur leurs vols », a-t-il déclaré.

UNE POLITIQUE CLAIRE DANS LES AGENCES

Or, les victimes de harcèlement sexuel s’expriment de plus en plus et certaines intentent un procès. Selon Travel Weekly, il serait donc impératif que toutes les agences de voyages de 15 employés et plus adoptent des politiques anti-harcèlement, avec des procédures formelles de règlement des griefs, puis traitent rapidement et de manière décisive le harcèlement.

À cet égard, une simple recherche dans Google avec les mots « politique contre le harcèlement sexuel » fournira plusieurs exemples de politique d’entreprise en matière de harcèlement et discrimination.

#MOI AUSSI

Soulignons que, dans la foulée du mouvement #MoiAussi, deux journalistes de Canadian Traveller, Terrilyn Kunopaski et Mike Baginski, ont récemment dialogué en ligne, par voie de lettres ouvertes.

D’entrée de jeu, dans sa lettre ouverte aux hommes de l’industrie du voyage,Terrilyn Kunopaski déclarait : « je veux mettre en lumière le nombre de femmes qui, comme moi – et probablement presque toutes les femmes que vous connaissez –, ont été des victimes. Et pas seulement une fois. Pas seulement deux fois. C’est une épidémie.Tout au long de ma carrière dans l’industrie du voyage, la fréquence des infractions – non seulement envers moi, mais envers plusieurs de mes collègues féminines – m’a surprise. »

Dans sa lettre ouverte d’un homme de l’industrie du voyage, Michael Baginski appuyait sa collègue et les femmes. Il émettait aussi des réflexions sur le sujet du harcèlement et du sexisme dans l’industrie.

Pour lire l’échange complet entre Mme Kunopaski et M. Baginski : http://canadiantraveller.net/An-open-letter-to-the-men-of-the-travel-industry

http://www.canadiantraveller.net/Open-letter-from-a-man-in-the-travel-industry

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D’hôtesse de l’air à agent de bord… une route semée de sexisme

Aujourd’hui, les agents de bord sont reconnus pour leur calme, leur professionnalisme et leur service à la clientèle. Mais dans les années 1950 et 1960, les choses étaient bien différentes…

Calendrier 2012 de Ryanair : les choses ont-elles tant changé ?

Dans les années 60, en effet, les agents de bord devaient être jeunes, célibataires et ne peser pas plus de 64 kg. « Elles devaient être à la fois désirables et disponibles », a rappelé en ligne le magazine australien News Network.

Les attributs les plus importants de l’hôtesse de l’air (note aux plus jeunes : c’est ainsi que l’emploi était désigné à l’époque) étaient ses longues jambes, ses longs cils et ses cheveux parfaits.

Selon Vanity Fair, les politiques d’embauche de certaines compagnies aériennes spécifiaient même que l’hôtesse devait accepter de prendre sa retraite avant l’âge vénérable de… 32 ans!

Pour lire l’article (en anglais) The sexist history of flight attendants et voir quelques exemples de publicités d’autrefois, cliquer ici : http://www.news.com.au/travel/travel-advice/travellers-stories/the-sexist-history-of-flight-attendants/news-story/aac6c06021f4f8d8391fec1c6416cfb9

Anne Robidoux

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PATA soulignera l’égalité des sexes en 2018

Conformément aux objectifs de développement durable des Nations Unies, la PATA (Pacific Asia Travel Association) plaidera en faveur d’une plus grande égalité des sexes dans l’industrie du voyage et du tourisme en 2018.

Le Rapport mondial de 2010 sur les femmes dans le tourisme, publié par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et ONU Femmes, a constaté notamment qu’en tourisme les femmes sont bien représentées dans les emplois de service et de bureau, mais peu représentées au niveau professionnel. Par ailleurs, on y apprenait que les femmes gagnent généralement de 10 % à 15 % de moins que leurs homologues masculins.

Il appert pourtant que le secteur du tourisme compte presque deux fois plus de femmes employeuses que d’autres secteurs. D’ailleurs, un ministre du Tourisme sur cinq dans le monde est une femme. Les femmes représentent aussi une proportion beaucoup plus élevée de travailleurs à leur compte dans le tourisme que dans les autres secteurs. Et dans des entreprises de tourisme familial, une grande partie du travail non rémunéré est effectué par des femmes.

Anne Robidoux

 

 

 

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