Quand l’aviation nous éblouit

Etrange analyse d’un fait banal, dans Air Journal de jeudi matin… La question qui était posée, nous nous la sommes tous posée : pourquoi faut-il relever le petit volet des fenêtres d’un avion pendant le décollage et l’atterrissage ? Surtout à certaines heures de la journée, lorsque le soleil est très bas et aveugle les passagers.

La réponse est étonnante. Il s’agirait de permettre à l’équipage (hormis le cockpit, évidemment), de voir à l’extérieur pour pouvoir réagir plus vite en cas de comportement anormal de l’avion ! (de chute, soyons clairs). Or, rappelez-vous où les hôtesses et stewards se trouvent lors de phases de décollage et d’atterrissage : ils sont assis dans ce recoin sombre à côté de la porte et près de la cuisine, une place qui ne leur permet pas de voir quoi que ce soit à l’extérieur.

Autre raison invoquée : il s’agirait aussi de pouvoir calmer les passagers anxieux qui peuvent voir que les mouvements de l’avion sont juste normaux. Bon, admettons cette deuxième raison. Mais elle ne concerne que ceux qui ont un siège côté fenêtre, or on n’attribue pas ces sièges en fonction de l’angoisse potentielle des clients. Ceux qui, dans un gros porteur, se trouvent dans les sièges au centre de l’avion, ne voient de toute façon pas grand-chose.

Là où l’explication devient ridicule, c’est quand on voit les projets de l’avion du futur : on parle d’un modèle sans fenêtre, pour faire de substantielles économies à la construction. Elles seraient remplacées par une vision filmée et diffusée tout le long de la cabine. Une autre version d’avions du futur montre des modèles en forme d’épais triangle volant, où seuls quelques privilégiés (les angoissés ?) auraient droit à la fenêtre. On peut aussi imaginer une version intégrée de ces deux idées.

Le mystère restera donc entier. Personnellement, je pense que la première raison évoquée date des débuts de l’aviation commerciale, qu’elle a été adoptée et imposée par l’OACI ou autres organisations réglementaires, et qu’elle n’a jamais été abrogée, faute d’en connaître l’utilité.

Donc, si vous voulez prolonger votre petit sommeil à l’atterrissage, vous continuerez encore à râler… Peut-être que seul Patrick Anspach aurait pu répondre à cette question, mais son départ nous laisse sans voix.

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