Un petit autel a été installé à la proue du bateau, alimenté par les prières et les vœux de bon voyage de l’équipage.

De Huay Xai à Vientiane, en passant par Luang Prabang, croisière au fil du fleuve Mékong, à bord du Champa Pandaw revendu par Rivages du Monde.

Avec la faible densité de population du Laos (27 habitants par km2), rien de tel qu’une croisière fluviale d’une dizaine de jours sur le Mékong, jalonnée d’escales quotidiennes pour découvrir ce pays, du moins dans sa partie septentrionale depuis Huay Xai, une ville frontalière avec la Thaïlande en bordure du fleuve, jusque Vientiane, la capitale établie au centre du pays, en passant bien sûr par Luang Prabang, une ville mythique inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

La table est dressée pour le repas de midi et les regards qui portent sur les deux rives du fleuve vont
certainement alimenter les conversations.

Une seule compagnie assure ce type de croisière au Laos et son histoire mérite d’être racontée. Tout commence dans les années 1920 en Birmanie, à l’époque de la colonie britannique, quand des marchands écossais créent l’Irrawaddy Flotilla Company, du nom du fleuve qui traverse le pays du Nord au Sud. Flotte détruite en 1942 par l’armée impériale japonaise quand elle a envahi la Birmanie.

Il faut attendre 1995 pour que Paul et Roser Strachan, Ecossais de souche, décident de relancer l’Irrawaddy Flotilla Company en Birmanie. 3 ans plus tard, Paul découvre un bateau à vapeur original appelé Pandaw et il organise sa restauration en offrant un nouveau concept unique de croisières fluviales qui en 2003 débordera de la Birmanie vers le Mékong au Cambodge et au Vietnam et en 2009 vers le fleuve Rajang à Bornéo et le Gange en Inde, ces deux dernières croisières abandonnées depuis.

Embarquement sur le Champa Pandaw qui nous attend dans les eaux laotiennes du Mékong après les formalités du passage de la frontière.

En 2015, ils lancent un nouveau projet au Laos où Paul découvre à Vientiane une barge de 40 mètres utilisée pour transporter de lourdes charges de ciment et de riz jusqu’en Chine. Avec ses deux moteurs de camion de 400 Chevaux, c’était exactement ce qu’il fallait pour s’attaquer au flux rapide du Haut-Mékong. Le capitaine qui était aussi le propriétaire de la barge s’est laissé tenter par l’offre de Paul Strachan. C’est dans le Triangle d’Or, là où se rencontrent la Birmanie, le Laos et la Thaïlande que le premier navire a été conçu, le Laos Pandaw avec 10 cabines qui connaît son voyage inaugural en novembre 2015, toujours piloté par le propriétaire de la barge initiale.

Le Laos Pandaw, premier bateau de la compagnie Pandaw et sister ship de notre bateau, le Champa Pandaw.

L’année suivante, le Champa Pandaw voit le jour et offre quant à lui quatorze cabines. Les deux bateaux construits en teck et en laiton développent un style traditionnel qui rappelle l’histoire coloniale du pays. De plus leur faible tirant d’eau (1,20 mètre) permet l’accès aux zones les plus reculées du Mékong.

Nous avons testé pour vous.

Nous avons voyagé avec le Champa Pandaw qui a fière allure avec ses 44 mètres de long et sa structure en teck brun doré chatoyant sous le soleil. Douze cabines se succèdent de part et d’autre du pont, ouvertes sur une coursive qui mène à la partie privative réservée à l’équipage. Les autres cabines se trouvent sur le pont supérieur, qui est aussi le pont de vie, là où le salon-bar se prolonge sur le sun-deck où sont dressées les deux tables réservées au repas.

Heure douce sur le pont entre sieste, pause lecture ou tout simplement rêverie face au paysage qui
défile doucement.

Toutefois il est également possible pour ceux qui le désirent de manger dans le salon-bar. Le sun-deck est aussi le meilleur endroit pour profiter de la vue sur les deux berges du fleuve assis dans des fauteuils transat ou dans des divans en rotin chargés de coussins. Certains préfèreront s’installer à l’avant, sous la fenêtre du capitaine, directement au soleil mais la brise née du tracé du bateau sur le fleuve y diffuse une impression de fraîcheur, quelque peu traîtresse pour les sensibles aux coups de soleil.

Le salon-bar, seul espace qui permette de capter la Wifi et donc de partager ses images avec le monde.

Ne rêvez pas de balcons privés ni de grands téléviseurs à écran plat dans votre cabine. Ici la vie se concentre sur le pont supérieur et l’ambiance sur le Pandaw se veut informelle et très conviviale. La Wifi est toutefois accessible dans le salon-bar selon les lieux traversés. Nous étions 25 passagers et rapidement les conversations entre les uns et les autres autour des deux tables dressées pour les repas ont tissé des connivences. Nous partagions tous les mêmes rêves d’aventure au fil d’un décor unique et de rencontres à réaliser ou de trésors culturels à découvrir durant nos escales quotidiennes.

Rencontre insolite au retour d’une excursion.

Le programme a même été adapté selon les curiosités des passagers en accostant en des lieux divers pour multiplier les expériences : bourgade animée, village de pêcheurs, visite d’une école et de temples bouddhiques, dîner servi un soir sur une plage, les pieds dans le sable à la lumière d’un feu de bois et de coupelles garnies de bougies….

Les 17 membres d’équipage se partagent toutes les tâches, attentifs à notre confort sur le bateau mais aussi à ce que nos déplacements parfois difficiles quand il faut grimper dans une butte sableuse pour rejoindre un village soient facilités, à tel point que personne ne s’est jamais découragé quel que soit leur handicap.

Quand le coucher du soleil illumine la coursive de notre bateau…

Enfin last but not least, tout était inclus à l’exception des alcools internationaux mais notre barman nous concoctait chaque soir un cocktail digne de ce nom à base d’alcools locaux, à l’heure du coucher de soleil quand notre excellente directrice de croisière accompagnée de notre tout aussi excellent guide local nous présentait le programme du lendemain. Une telle serviabilité des membres de l’équipage vous fait croire volontiers que vous êtes les heureux sahibs d’une époque révolue.

Infos pratiques
Cette croisière a été réalisée sous la houlette de Rivages du Monde www.rivagesdumonde.be. Les prochaines croisières à la découverte des splendeurs du Laos sont prévues en janvier et en mars 2024. A bord du tout nouveau sister ship du Champa Pandaw, le Sabaidee Pandaw, mieux équipé encore que le précédent.

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