Une croisière au fil du Douro (3/3)

Douro
La vue plongeante sur le Douro depuis la quinta de Sandeman, des vignes à perte de vue.

Seule la vallée du Douro est navigable même si parfois le fleuve se faufile le long de gorges schisteuses. La longue tradition des vignobles qui ont fait sa réputation a créé un paysage culturel d’une beauté exceptionnelle qui se découvre dans toute sa splendeur quand on choisit la formule d’une croisière de plusieurs jours ponctuée par plusieurs visites : Solar de Mateus, Braga et Guimarães, sans oublier Porto, last but not least.

Dernière excursion au fil de la croisière, le Solar de Mateus, un élégant manoir du 18ème siècle, bijou de l’art baroque.

On connaît les bouteilles rondes et plates qui proposent ce vin rosé légèrement pétillant, particulièrement agréable à l’apéritif, on sait moins que l’étiquette qui affiche le nom et l’image du prestigieux palais a été cédée par un comte désargenté de Vila Real, propriétaire du Solar, à Fernando van Zeller Guedes, un entrepreneur visionnaire qui, en 1943, lança le premier vin rosé du Portugal.

La visite du palais permet de découvrir des lieux qui n’ont rien perdu de leur histoire, toujours en mouvement au fil des générations qui occupent le site. Les jardins sont également une merveille d’art paysager avec un jardin de buis à la française, une roseraie, un tunnel de cèdres et surtout un lac, un miroir d’eau construit dans les années 50, qui prolonge l’ensemble édifié avec sa façade principale se reflétant au milieu d’un bois de châtaigniers et de chênes planté dans les années 60.

Douro
Le Solar de Mateus, son élégant manoir et ses jardins à la française.

La fin de la croisière s’achève à Porto où nous passerons également 2 nuits afin de pouvoir réaliser sur la même journée deux excursions patrimoniales dans la région du Minho, terre du Vinho Verde qui, servi frais en apéritif ou en accompagnement de fruits de mer, se laisse volontiers découvrir en été.

Braga, une ville fondée par l’empereur romain Auguste et plus tard élevée au rang de capitale de la Galice romaine a même rivalisé en pouvoir et en importance jadis avec Saint-Jacques-de-Compostelle.

Aujourd’hui c’est une destination qui combine agréablement histoire, culture et flânerie avec son labyrinthe de petites venelles, ses églises gothiques qui font dire de Braga qu’elle est la Rome portugaise, ses rues commerçantes aux maisons recouvertes d’azulejos et ses bâtiments baroques.

On y trouve aussi la plus ancienne Sé, à savoir cathédrale, du pays dont il ne subsiste que de rares vestiges médiévaux comme le portail sud ou les voussures du portail principal. Enfin le jardin extraordinairement fleuri de Santa Bárbara est à découvrir pour la luxuriance de ses fleurs mais aussi pour les bâtiments historiques qui le bordent.

Douro
Le jardin de Santa Barbara à Braga est cerné de beaux bâtiments historiques dont les ruines de l’ancien palais épiscopal.

A Guimarães situé à quelque 25 km de Braga, la visite commence dans la ville haute, au palais des Ducs de Bragance construit au 15ème siècle.

Son originalité réside dans le mélange d’architecture traditionnelle qui lui donne un petit air de forteresse et des toitures pentues hérissées de hautes cheminées cylindriques qui rappellent plutôt la Bourgogne où Alphonse Henriques, premier duc de Bragance mais aussi premier roi du Portugal, aimait se rendre.

La ville basse abrite un quartier médiéval si bien préservé qu’il a été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. On y musarde de venelles tortueuses en placettes occupées par les terrasses des cafés, le regard attiré par le linge qui sèche devant des façades colorées, les jolis balcons en fer forgé, les auvents en granit et les arcs qui relient les ruelles.

Dernier regard avant de retourner à Porto pour l’église Dos Santos Passos à l’extrémité du boulevard de la République du Brésil, décorée par une multitude d’azulejos avec en arrière-fond des collines arborées.

Porto, la perle du Nord.

Comme le port de croisière de Porto se trouve à Vila Nova de Gaia, ville jumelle de Porto qui se trouve sur l’autre rive du Douro, c’est depuis le bateau ou du quai le long du fleuve l’on découvre Porto qui se déploie en face de nous. Depuis les hauteurs de la cathédrale ou de la haute tour dos Clérigos, la ville dégringole jusqu’aux quais dans un entassement de hautes maisons étroites et colorées qui superposent leurs balcons souvent garnis de linge qui sèche.

Douro
Une ancienne rabelos toujours aux couleurs des vignobles dont les entrepôts se trouvent sur le quai de Viola Nova de Gaia.

En avant-plan, les célèbres rabelos, ces barques en bois qui jadis transportaient depuis les vignobles à une centaine de km en amont les barriques de vin en évitant les remous du Douro grâce à un jeu habile de la grande perche en poupe.

Aujourd’hui elles proposent des petites promenades sur le Douro qui offrent entre autres la possibilité de passer sous les 6 ponts de Porto jusqu’à arriver à l’embouchure du fleuve dans l’Océan Atlantique. C’est à sa rive plus ombragée et donc plus adaptée à la conservation des vins que Vila Nova de Gaia doit d’avoir regroupé toutes les caves du Douro. Une quinzaine d’entre elles propose une visite guidée.

C’est encore à pied que Porto se découvre le mieux. Il suffit de traverser le pont métallique à double tablier Dom Luis I pour arriver dans le quartier très animé de Ribeira.

Au départ du quai colonisé par d’accueillantes terrasses de restaurants ou de cafés, on peut choisir de s’enfoncer dans des ruelles pavées souvent labyrinthiques, pentues et obscures qui débouchent sur des placettes, des églises baroques, des couvents, des façades tapissées d’azulejos, des balcons en ferronnerie, jusqu’à rejoindre enfin l’esplanade de la cathédrale qui a plutôt l’allure d’une église-forteresse.

Le pilori torsadé au centre de la place date de la fin du 19ème siècle. Du parvis la vue s’ouvre sur le fleuve et ses quais mais aussi sur la dégringolade des toits rouges de cette ville en montagnes russes.

Douro
Devant le vieux marché de Porto, la place où s’élève la statue d’Henri le Navigateur descend doucement vers le fleuve et son quartier Ribeira.

En redescendant, il faut pénétrer dans l’étonnante gare de São Bento dont les murs de la salle des pas perdus sont recouverts de panneaux d’azulejos qui illustrent les hauts faits de l’histoire du pays.

Pour continuer vers les quais du Douro, la rua das Flores devenue piétonne depuis 2004 est particulièrement agréable à parcourir d’autant qu’elle rassemble de jolies boutiques traditionnelles et plusieurs demeures de style baroque aux façades blasonnées. Jadis cette rue rassemblait les orfèvres et les joailliers qui travaillaient l’or et l’argent qui arrivaient des colonies.

Dernière soirée à bord du M/S Queen Isabel, et rien de tel pour conclure qu’un petit récital de fado, cette complainte de marins aux chants mélancoliques qui parlent de saudade à savoir d’amour inaccompli, de perte, de nostalgie… Au terme de cette croisière, on sent que l’on rentrera chez nous en laissant une part de nous-mêmes sur les rives du Douro.

Rivages du Monde propose cette croisière exceptionnelle au fil du Douro depuis le 1er avril jusqu’à la mi-novembre, semaine après semaine, avec des prix différents selon que la saison que vous choisissez. Cette croisière rythmée chaque jour par une escale de quelques heures ainsi que par un amarrage pour la nuit permet de s’immerger dans l’arrière-pays ou dans Porto pour ceux qui aiment se promener en soirée. Des activités sont également proposées : des conférences, un spectacle folklorique, des animations ludiques… Un voyage tout en sérénité. www.rivagesdumonde.be

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici