Overrun du 30 mai

Patrick Anspach
Patrick Anspach

Et vogue le voilier ! A l’école à Luxembourg, j’avais un cours de dessin et travaux manuels. Je ne sais pas si ça existe encore toujours à l’heure actuelle. Le professeur, un Allemand de Rhénanie-Palatinat, ne nous apprenait pas vraiment l’art académique (à seize ans, j’aurais bien voulu apprendre à faire des portraits de nus), mais les techniques de dessins, telle la perspective, les pochoirs, l’utilisation des mines de carbone des crayons et j’en passe. J’adorais ! Il le voyait bien et s’occupait attentivement de moi.

Un jour, il nous avait montré à l’école la maquette d’un voilier qu’il construisait en bois, littéralement planche par blanche, sur base de vieux documents. Il s’était renseigné sur tout, y compris les voiles, les cordages et des canons qu’il avait moulés lui-même.

Deux ans plus tard, je lui avais demandé où il en était avec son voilier et il m’avait répondu avec un mélange de tristesse et de fierté que le voilier avait pris le large.

Devant mon incompréhension, il m’avait expliqué qu’une fois le modèle terminé, il l’avait amené à la mer, « juste pour voir s’il flottait ». Tout près du bord, à peine secoué par quelques vaguelettes, il flottait bel et bien.

Et non seulement il flottait bien, mais le vent a pris dans les voiles et il a vu son bateau s’éloigner du bord. Il a voulu le rattraper, malgré les chaussures qu’il avait encore aux pieds, mais le voilier avait pris de la distance.

Alors, il avait regardé son œuvre de quelques années s’éloigner, heureux d’avoir bien équilibré son vaisseau, mais ému de le voir disparaître. Il n’avait pas songé à mettre une étiquette avec son adresse si on le retrouvait, mi même pensé à le prendre en photo. Je lui ai alors fait un dessin où on voit un homme qui voit partir un petit bateau et ça l’a ému. Mais moi aussi, j’ai oublié d’en faire une copie.

La citation du début

« Depuis peu, mon salaire est passé à l’hybride. La moitié pour payer l’essence et l’autre pour l’électricité. » (Omer Dilpleu)

Le « Petit Futé » chez moi

Je me suis acheté l’édition 2022 du Petit Futé sur Bruxelles et je ne le regrette pas. D’abord, tous mes coins secrets, de véritables petits trésors de bonnes tables, de gentillesses naturelles ; les terrasses à l’écart des coins touristiques, mes magasins de BD ou autres… n’y sont pas.

Je ne risque donc pas d’être envahi par de nouveaux arrivants, guide au bras. En revanche, je dois bien admettre que j’ai fait quelques belles découvertes et que je suis impatient d’aller en découvrir d’autres.

Cela dit, il y a quand même une petite confusion dans la rédaction : à certains moments, on comprend bien que ce sont « les Français qui parlent aux Français », surtout au début. Mais à d’autres, les « inspecteurs » doivent être sacrément belges, voire bruxellois, notamment lorsqu’ils parlent des « plats bien de chez nous », par exemple. Bon, pas grave, il me servira d’idées d’escapades encore un bon bout de temps.

Guère épais

Le gouvernement russe a décidé de modifier l’intitulé de certaines œuvres littéraires. Ainsi, le roman de Léon Tolstoï s’appellera désormais « Opération Spéciale et Paix ».

Les vers de Solenzara

Durant mon service militaire (1979), je présentais le journal télévisé pour les forces belges en Allemagne. Bien que plouc, j’étais habillé en civil comme toute mon équipe (cameraman, preneur de son) pour ne pas faire « TV Pravda » sur antenne et tout le monde avait ordre de répondre à mes exigences journalistiques.

C’est ainsi que j’ai pu demander l’aide de deux Alouette II pour aller sur une colline dans le maquis pour « accueillir » les para-commandos belges qui terminaient trois jours de raid. Je les interviewais comme des coureurs cyclistes à l’issue d’une course : « Et alors, c’était dur ? »

Mais le soir, nous étions de retour à Solenzara et je me souviens d’une soirée mémorable dans un petit boui-boui corse avec des gens charmants. Après le repas, ils nous avaient proposé de la tomme « pour finir le vin ».

Après, on a repris du vin « pour finir le fromage ». Mais au moment de découper le fromage, la surprise : des asticots vivants qui s’agitaient ! Alors la tenancière est venue vers nous : « Dites donc, les para-commandos belges ! Vous n’allez pas reculer devant l’ennemi ? »

Fier de défendre l’honneur de ma patrie, j’ai enfourné un bout du fromage, asticot compris, et je dois avouer qu’il était excellent. J’ai donc continué, sous les applaudissements de la dame. Il paraît qu’aujourd’hui, les asticots sont interdits, sauf demandes expresses. Il y a quelques jours, j’ai réécouté la chanson Solenzara interprétée par Enrico Macias et les souvenirs ont refait surface. Je comprends que des Français du continent s’y installent pour leur retraite.

La citation de la fin

« Je voudrais dire aux Ukrainiens qui viennent en Belgique que les routes wallonnes n’ont pas été bombardées, ça fait longtemps qu’elles sont comme ça. » (Ed Redon)

Une petite dernière ?

Deux vieux fêtent leurs cinquante ans de vie commune.
– Peut-être pourrait-on se marier ? suggère la femme.
– Tu ne nous as pas regardés, lui répond-il. Qui voudrait de nous ?

1 COMMENTAIRE

  1. « Guerre Epais » : pas mal surtout que le descendant de Léon est actuellement un très proche de Poutine. Je l’ai vu deux fois à la tv. A part le RuSSe ( !) il parle très bien le Français.

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